Le poisson sec et le soumbala sont très sollicités dans la cuisson de la sauce. L’efficacité de ces ingrédients est avérée pour que les recettes locales deviennent savoureuses.

La cuisson est une affaire de femme dans les foyers maliens. Chaque ménagère se surpasse pour être la reine de la cuisine. Nous nous intéressons, aujourd’hui, aux multiples condiments utilisés par les « Yeleni » dans leur quête de faire bien manger leur famille. Chacun recèle des vertus particulières. Les plus célèbres sont le « Soumbala », le poivre, « le féfé », le gombo, la tomate, l’oignon, l’ail, « le datou », le piment, les poissons fumés ou séchés. L’efficacité de ces condiments est avérée. Mais la jeune génération de maîtresses de maison ignore les vertus et la complémentarité de nos ingrédients traditionnels pour réussir la liaison des sauces de chez nous. Ce constat est confirmé par les réponses données à nos questions par plusieurs épouses. Elles utilisent certains condiments parce que depuis leur enfance elles voyaient leurs mamans réussir des recettes avec tel ou tel groupage de légumes. Les filles devenues maîtresses au foyer n’ont pas dérogé à la règle. Mme Souadou Traoré n’explique rien. Mais elle se dit convaincue qu’il existe une raison culturelle ou sanitaire pour que de génération en génération les mêmes assaisonnent les mêmes types de sauces dans les familles maliennes. Pourtant les vertus de ces assaisonnements sont variées.

Les ingrédients sont riches en fer ou en vitamines diverses bénéfiques à la santé. Nous avons approché des vieilles mamans et des spécialistes en nutrition pour éclairer notre lanterne. La vielle Awa est catégorique. Aucun condiment cité plus haut n’est employé par hasard dans la cuisson. Ils ont tous des vertus qui donnent à la sauce toute sa saveur. Cependant, elle a indiqué que chaque cuisinière a sa préférence et dose la sauce à sa convenance. La vieille avoue son penchant pour le gombo et les feuilles vertes dans la préparation de ses sauces. Il n’est pas facile dans notre pays de cuisiner sans faire référence au gombo qu’il soit frais ou séché. La veuve Awa explique son choix. Son défunt époux aimait manger les sauces faites à base de pâte d’arachide et de gombo frais ou accompagnées des feuilles vertes (Gnougouna). Awa nous révèle les vertus de ces condiments traditionnels. Le gombo se marie très bien avec la tomate, les oignons, les poivrons, l’aubergine, et plusieurs autres assaisonnements. Les vertus du gombo ne sont plus à prouver. Ce légume est anti-inflammatoire, antiseptique, laxatif et antidiabétique. «  Je me souviens. Quand j’étais enceinte de mon deuxième enfant, un gynécologue occidental m’avait conseillé de consommer autant que possible le gombo », a rappelé la vieille Awa. Ce spécialiste lui avait appris que ce régime faciliterait l’accouchement en plus de faciliter la digestion des repas. Par ailleurs, Awa nous révèle des vertus purement traditionnelles. Elle indique à cet effet que ce légume est fortement conseillé dans les cas d’irritation de la peau, d’ampoules aux mains ou aux pieds, et de constipation. « Lorsque la peau est irritée, il suffit de froisser les feuilles du gombo dans de l’eau et frotter la peau avec le liquide gluant obtenu », dit-elle souriante. « Saviez-vous que le gombo intervient aussi pour soigner la fièvre ? » interroge Awa.

Selon le nutritionniste, Dr Aliou Barry, le gombo a une forte concentration de vitamine  A. Il est bénéfique pour renforcer le muscle cardiaque et augmenter les sécrétions des glandes sexuelles d’un homme ou d’une femme. RicheS en vitamines. En ce qui concerne les diverses feuilles utilisées dans les recettes, Awa ne tarit pas d’éloges sur leurs vertus. Elle soutient que les feuilles recèlent de nombreux micro-éléments. « Ceux qui souffrent d’anémies doivent consommer sans modération les feuilles, surtout les épinards ou le crochus tridents communément appelés «Sofonbou-lou » ou « fakoye ». Naturellement riche en lycopène, la tomate mi-fruit, mi-légume est un concentré de santé, selon la vieille cuisinière Oumou. La tomate est un puissant antioxydant. Cet aliment s’attaque aux radicaux libres responsables en partie du vieillissement. Dr Barry va plus loin en soutenant que les tomates interviennent dans le soin de certaines maladies coronariennes et de certains cancers. Pour bénéficier au maximum de l’action de la tomate, le Dr Barry recommande de consommer les produits dérivés comme les jus, le ketchup, la sauce de tomate, la pâte de tomate etc. Compte tenu de sa faible teneur en calories, la tomate est très riche en eau. Selon les spécialistes en nutrition elle compterait 90 à 93% de sa composition. Un autre atout de la tomate est révélé par notre interlocuteur. Ceux qui veulent mincir ou garder la ligne peuvent recourir à la tomate. Car, elle contient peu de protéines, de graisses et de glucides.  La tomate est riche en eau, donc efficace pour la déshydratation.

La tomate est également riche en vitamine A, B, C, E et en oligo-éléments (potassium) bons pour le fonctionnement rénal. Sa peau et ses graines sont riches en fibres qui facilitent le transit intestinal. La tomate contient en petites quantités du magnésium, du calcium, du fer, du zinc, du cuivre, du manganèse et de l’iode. Ce fruit rouge est très équilibré et il agit sur le métabolisme général. Parlons maintenant du piment. Il est utilisé frais, sec ou en poudre. Il est excellent pour soigner la grippe, le rhume. Il aide à prévenir les maladies cardio-vasculaires. Ce fruit est antibactérien, antiseptique, diurétique, sudorifique et digestif. «  En usage externe, il soulage l’arthrite, le rhumatisme et la dystrophie », explique Dr Aliou Barry. Le piment est riche également en vitamine A, E, C, K et PP. Il possède de nombreuses propriétés bénéfiques pour l’organisme. Il stimule la salivation et aide à une meilleure digestion. Il prévient la formation de gaz dans les intestins, lutte contre la formation de caillots sanguins déclencheurs de crises cardiaques et d’attaques cérébrales. Le piment déclenche la diffusion d’endorphine (anti douleur similaire à la morphine) dans l’organisme. Contrairement à ce que l’on croit, le piment n’irrite pas les parois de l’estomac. Il active les sucs gastriques. Il ne déclenche pas d’ulcères « mais mieux vaut ne pas en manger si on a déjà un ulcère », prévient le spécialiste. En plus d’être un anti-inflammatoire très efficace, le piment est réputé être un aphrodisiaque puissant. Le poisson qu’il soit sec, fumé ou frais est également très sollicité dans la cuisson chez nous. Le poisson sec ou fumé coupé en petit morceau est surtout utilisé pour donner de la saveur à la sauce. Le poisson fumé est cuit comme une soupe.

Bien pimentée, cette soupe est bonne pour soigner la grippe, le rhume. Elle stimule l’appétit. En général les poissons sont conseillés dans notre alimentation. Ils contiennent des acides gras oméga 3 et oméga 6. « Nous ne synthétisons pas ces acides gras dans notre corps, c’est pourquoi nous devons en absorber », avertissent les spécialistes de la nutrition. Le poisson a une action positive sur notre système cardiovasculaire en augmentant le bon cholestérol. Il préserve les articulations et permet le développement de nos neurones. Nous allons boucler la première partie de cet article par les vertus du Soumbala. Ce condiment est appelé la moutarde traditionnelle africaine. Le Soumbala en plus de son intérêt gustatif, est aussi un médicament. Il a un effet bénéfique sur notre santé. Il est riche en vitamine C, en fer et en protéine. Le soumbala contient également de l’iode et peut combattre l’apparition du goître. On révèle également qu’il est bon pour le cœur ainsi que le fonctionnement du cerveau. Dans notre prochaine parution nous parlerons des vertus de la courge, de l’aubergine, du poivre, du « Datou », du « Féfé » etc.

 

Source : maliactu.net

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