Dans un entretien exclusif ,Dr Binko Mamady Touré,le tout nouveau Secrétaire Général du ministère de  l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique dévoile les dessous d’une annonce fanfare pendant la campagne présidentielle, son regard sur le système éducatif guinéen, le recensement biométrique des étudiants et des enseignants, l’organisation des états généraux de l’éducation….

Aujourd’hui, quel est le sentiment qui vous anime après cette nomination comme deuxième responsable du ministère ?

C’est un sentiment de joie, de satisfaction  et de peur en même temps. De peur pour ne pas décevoir les espérances. Parce que, je mesure le boulot qui m’attends, par ce que être secrétaire général d’un département ministériel,  ça veut dire qu’on a droit maintenant à la décision et il faut prier Dieu de ne pas avoir les mauvaises, parce que l’enseignement supérieur, c’est la sommité . Donc, mes prières, c’est de faire en sorte que tous les actes que je vais poser pendant mon passage à ce poste soient des actes positifs.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le système éducatif guinéen dans son ensemble ?

Dans son ensemble, en Guinée  comme ailleurs l’éducation a des problèmes, les nouvelles technologies de l’information sont là, il y en a qui l’utilise à bon  échéant et d’autres l’utilisent dans le mauvais sens, mais qu’à cela ne tienne, des avancées sont entrain d’être obtenues chez nous en Guinée. Par ce que la première des choses nous sommes entrain de sécuriser beaucoup de documents avec ces technologies nouvelles. Parce qu’il y’a falsification qui est très rapide, et les institutions sont entrain de prendre des dispositions pour sécuriser au mieux tous les papiers qu’on délivre. L’administration universitaire aussi fait la même chose et le département en charge de l’éducation s’est engagé sur un vaste chantier de bio-métrisation des étudiants et des enseignants pour une meilleure lisibilité. Parce qu’on nous reproche chaque fois que les statistiques ne sont pas fiables, mais j’ai un fort sentiment  quand cette bio-métrisation sera à terme nous aurons des effectifs fiables qui nous permettrons de faire une meilleure planification et projection vers l’avenir, et  une meilleur lisibilité dans les budgets aussi. Parce que jusque maintenant on ne finance pas les formations comme ça se doit. On ne finance que les effectifs, alors que ce n’est pas seulement l’effectif qui est le facteur déterminant pour le financement d’une formation, il faut voir les intrants de la formation pour financer la formation. Et je suis sûr qu’après la bio-métrisation, on verra clair dans le financement de la formation disons de l’enseignement supérieure.

Est-ce que ce recensement concerne aussi les enseignants ?

Vous conviendrez avec moi qu’étant gérer par la fonction publique, il y en a qui ne vienne que pour prendre le salaire, d’autres ont des cours seulement en un seul semestre et l’autre semestre, ils sont libres. Avec la biométrie on va voir clair qui est où et qui fait quoi, et qui a quelle grade.

Par ce qu’à l’enseignement supérieur,  il ne suffit pas d’être payé comme fonctionnaire, on devait pouvoir payer les gens par grade académique ça va inciter les gens  à la formation.

Est-ce qu’on pourra s’attendre à l’organisation des états généraux au niveau de l’enseignement supérieur ?

 Bon les Etats généraux, c’est à un niveau un peu plus élevé. Mais on ne peut pas éviter l’organisation des Etats généraux sur l’éducation pas l’enseignement supérieur seulement, il est temps que le système s’assaille pour qu’on pose les grands jalons pour la prochaine.

Au départ le Pr Alpha Condé avait dit  » un étudiant, une tablette. Mais il ya un mois le ministre Yéro a annoncé que les tablettes sont payantes, qu’en dites-vous ?

 On n’a jamais dit que les tablettes seront gratuites, ça n’a jamais été dit, l’Etat là subventionné même au lancement dans la salle des fêtes l’année dernière à Gamal, ça n’a jamais été dit que les tablettes seront gratuites. Les tablettes vont être subventionnées  et le ministre Yéro pendant sa tournée dans toutes les écoles à dit la même chose. Le problème c’est où, c’est que le département en charge de l’éducation nationale  n’a pas encore trouvé  un partenaire qui est prêt à l’accompagné, des démarches sont en train d’être faites en direction du secteur privé et quelques Banques pour voir qui peut sponsoriser pour que les tablettes reviennent au consommateur final, l’étudiant à un moindre coût.

 Quelle est la part alors des  étudiants dans cette affaire de tablette ?

 Là, je ne peux pas dire tant que les négociations  n’ont pas abouties, mais l’idéal, c’est que la tablette revienne comme  le prix d’un téléphone ordinaire, mais je ne peux pas vous dire que ça va couter x franc.

Selon vous qu’est ce qui fait l’handicape du ministère de l’enseignement supérieur ?

C’est le financement. Actuellement on ne finance que les effectifs on ne finance pas les études. Une classe de 25 étudiants  en ingénierie coûte plus chère qu’une classe de 50 ou 100 étudiants dans une faculté où il n’y a pas de matériels  extras, je veux parler par exemple d’une classe d’économie, de philosophie, etc. Et une classe de médecine même si c’est 20 étudiants,  c’est plus chère qu’une classe de philosophie à 100 étudiants. Mais quand on a une école à 100 étudiants, le financement, c’est par rapport à 100 et pas par rapport aux intrants qui rentrent dans la formation. C’est le grand handicape qu’on a, mais tout cela ne peut être lisible que quand nous présentons des statistiques fiables d’où l’introduction de la biométrie pour être clair avec nous d’abord  et avec les partenaires qui viendront nous aidez.

 

Vous étiez le président de la conférence des recteurs en Guinée, dites-nous comment aviez-vous gérer  cette conférence ?

Je dirige la conférence des recteurs depuis 2011. La conférence des recteurs est l’ensemble des directeurs généraux des institutions d’enseignements supérieurs (CRDG). Est un organe consultatif du ministère de l’enseignement supérieur  et de la recherche scientifique. Cette conférence  intervient dans la vie des institutions qu’il y est de problèmes ou pas,  nous intervenons, on a des sessions extraordinaires, on a des sessions programmées, c’est avant la fermeture et avant l’ouverture.

Pendant cette  mandature, j’ai participé à la résolution de beaucoup de crise, notamment quand les lycéens et l’institut supérieur des sciences et de médecine  vétérinaire de Dalaba ont eu  des problèmes, quand il y’a eu à Kankan et récemment aussi  le problème au centre universitaire de Kindia, la conférence est  venue à plusieurs reprises, c’est l’une de notre mission. Quand, il y’a problème, en temps  de paix on se fait voir très peu, mais en temps de troubles, nous sommes fréquents sur les lieux  là où il y’a eu le trouble, parce que, c’est une équipe soudée.

Le mot de la fin……. ?

 »je termine par le commencement, que Dieu m’aide à poser des actes positifs et que Dieu fasse que l’enseignement supérieur sorte de la léthargie dans laquelle il se trouve pour un meilleur financement, non seulement guinéen mais des bailleurs  aussi, par ce que nous ne sommes pas tellement la cible des bailleurs extérieurs »

Entretien réalisé Fatoumata Yacine Sylla et Alpha Camara

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