Sekou Cissé /Président par Intérim du CNP

 

Malgré les médiations qui seraient en cours, la crise qui mine le Conseil National du Patronat de Guinée (CNP-G) est toujours d’actualité. Dans cet entretien que le président intérimaire de la structure, El hadj Sékou Cissé a bien voulu nous accorder, il parle du différend qui les oppose avant de lancer ‘’ un appel  fraternel  ‘’ à M. Ansoumane Kaba ‘’ GUITER ‘’. Lisez ! 

Actuconakry.com : une crise mine depuis quelques temps votre structure (CNP-G).  Pouvez-vous nous éclairer davantage ?

El hadj Sékou Cissé : C’est vrai que depuis 2015, le Conseil National du Patronat de Guinée (CNP-G) traverse des moments difficiles. L’origine de ce problème remonte à la dernière session de l’assemblée générale du bureau international du travail (BIT) à Genève où El hadj Mamadou Sylla avait porté plainte contre l’Etat guinéen par rapport à la représentativité. Vous  savez, chaque fois qu’il y a de telle assemblée générale, le BIT écrit au gouvernement pour prendre part aux travaux. Le gouvernement quant à lui compose sa délégation tripartite et cette délégation tripartite est composée du gouvernement,  employeurs et syndicats. En réalité, il y a trois (3) patronats en Guinée et le ministre en charge du Travail invite les trois patronats pour choisir les titulaires des employeurs. Et d’habitude, nous discutons pour dire c’est tels titulaires. Mais en 2015 tel n’a pas été le cas, parce que moi, je n’étais pas d’accord avec le CEPEG. Face à cette situation, le ministre du Travail a désigné M. Ismaël Keita et El hadj Mamadou Sylla n’avait pas aimé ça et il a porté plainte qui d’ailleurs occasionné énormément de problèmes. Moi en tant que président intérimaire depuis six (6) ans avais convoqué une réunion où j’avais même invité M. Sylla dans le but de discuter sur tous les disfonctionnements au sein de notre structure. Au cours de cette réunion, tous les grands opérateurs y compris Amsoumane Kaba ‘’ GUITER ‘’ ont assisté le 26 juin 2015, dans un réceptif hôtelier de la place. A l’issue de la réunion il y a eu un PV, un constat fait par huissier était dans la salle où chacun de nous avait exprimé son ras-le-bol face aux disfonctionnements. Ce jour, tous les opérateurs présents y compris Kaba GUITER m’ont confirmé et j’avais eu une feuille de route qui disait d’écrire aux institutions républicaines pour prouver l’incompatibilité d’El Hadj Mamadou Sylla. Chose que j’ai faite. C’est suite à cela qu’il (El hadj Mamadou Sylla) m’a assigné en justice pour me dire que le CNP-G était sa propriété et sa marque qu’il avait enregistré à la propriété intellectuelle (OAPI) basée au Cameroun et qu’il m’interdisait de parler au nom du CNP-Guinée. Informé de cette décision de M. Sylla, j’ai immédiatement contacté cette organisation basée à Yaoundé qui, à son tour m’a référé à son bureau de liaison au ministère de l’Industrie ici à Conakry. Ce bureau m’a demandé d’écrire et enfin de compte j’ai eu une réponse officielle qui a clairement dit que le CNP-Guinée est une personne morale et qu’il n’appartient pas à Sylla (…). Le fond du problème, c’est que M. Ansoumane Kaba GUITER est parti à un congrès qui ne devrait pas l’être, parce que la Cour d’Appel de Conakry à travers un arrêt avait demandé de sursoir au congrès du 23 avril. Je peux franchement dire que M. Sylla et M. Kaba sont des jumeaux dans les violations des règles. On ne peut pas être dans un pays, se taper la poitrine contre une décision de justice. Ils ont tenu leur congrès qui est aujourd’hui un congrès nul. Je demande à M. GUITER de se légitimer. Notre statut dit clairement qu’il y a deux modes d’élections. Il y a le bulletin secret et main levée. Il n’est mentionné nulle part dans notre statut le mot consensus. Les journalistes qui ont couvert leur congrès ont été sortis de la salle pour leur dire d’attendre. Et dans la salle, c’est El hadj Mamadou Sylla qui a sorti un papier que les autres ne savaient même pas le contenu et dans lequel il était mentionné le mot consensus. C’est Mario qui l’avait d’ailleurs lu ce papier à l’intention des autres membres présents.

Actuconakry.com : Est-ce qui a empêché la tenue du congrès que vous avez annoncé lors de votre dernière conférence de presse ?

Ce congrès aura lieu. Nous avons seulement donné une chance aux médiations qui sont en cours. J’avoue que depuis que cette affaire a commencé, il y a eu plusieurs médiations. El hadj Aly Sady que je respect beaucoup a plusieurs fois intervenu (…). Je n’ai personnellement rien contre M. Kaba GUITER. Car il y a quatre (4) ans, c’est moi qui es parti lui cherché pour lui dire d’abord d’être membre et je suis allé loin en lui disant qu’il peut être président tout en l’expliquant que moi, je suis fatigué. C’est tout dernièrement qu’il a changé de camp, sinon il était auparavant avec moi, je veux bien parler de M. Ansoumane Kaba GUITER.

Actuconakry.com : Peut-on dire aujourd’hui que vous vous battez à ce que les lois et règlements qui régissent votre organisation soient respectés ?

C’est bien cela mon combat, je ne me bats pour moi-même. Il y a deux choses qui m’intéressent aujourd’hui au niveau du CNP-Guinée. Premièrement, c’est l’unification du secteur privé. Appartenir à un réseau d’organisation internationale ne veut pas dire que c’est une humilité que vous avez. Nous appartenons à l’OIE depuis bien avant la création des autres patronats. Ces autres patronats sont nés parce qu’il n’y avait d’attente quand Sylla présidait les destinées. C’est M. Sylla qui constituait le problème. Il a fait trop de mal aux patrons de ce pays y compris Kaba GUITER. Savez-vous que Kaba GUITER a démissionné quand-on lui donné vice-président exécutif ? Moi, je n’ai rien contre M. Kaba et autres, mais il faut que vous sachiez que nous voulons la transparence et nous voulons un homme qui soit élu conformément au contenu de nos textes. Un patronat est une organisation sociale, ce n’est pas une entreprise, ni un camp militaire et ce n’est non plus un compte bancaire. Si c’était le compte bancaire, M. Kaba GUITER avec tous les diamants de Banankoro et son rang numéro 1 dans le domaine des BTP allait m’écraser il y a longtemps. D’ailleurs, il dit souvent que moi, je suis un petit vendeur et que lui, il a beaucoup d’argent. Il n’arrive à m’écraser parce que je suis du côté de la vérité dans cette affaire.

S’il y a congrès aujourd’hui comme vous le réclamer, est-ce que vous serez candidat contre Kaba GUITER ?

Je demande à M. Kaba GUITER de revenir dans les rangs, présenter sa candidature dans les conditions requises et gagner l’élection sans aucune contestation. En le faisant, il aura respecté une décision de la justice à nous tous. S’il accepte ces principes, moi j’irais au niveau de ma fédération pour développer autres choses. Comme je le disais tantôt, je n’ai personnellement rien contre M. Kaba dans cette affaire. Ma démarche est légale et légitime, car je me bats pour la défense de nos textes et principes.

Actuconakry.com : Si les médiations en cours réussissent, vous ne serez plus candidat contre M. Kaba ?

Si les lois sont respectées, je sure que je ne serai pas candidat contre monsieur Kaba GUITER.

Actuconakry.com : Avez-vous un dernier mot à dire ?

Mon dernier mot est un appel à tout un chacun. Ni moi, ni M. Kaba GUITER n’a intérêt dans ce qui se passe aujourd’hui au sein de notre organisation commune (CNP-Guinée). On n’est pas dans la logique de dire que c’est tel qui est fort par rapport à tel autre. Je demande encore à M. Kaba de revenir dans les rangs. Il ne pourra jamais gérer le CNP-G dans ces conditions, s’il ne cherche pas à se faire légitimer. A la place aujourd’hui de M. Kaba, je me coucherai à terre pour régler la situation afin que la légitimité me revienne, étant tant donné que c’est la justice de mon pays qui s’est prononcée.

Propos recueillis par  Sidimé Alpha Kabinet (Actuconakry) et Youssouf Hawa Keita (Mediaguinee)

Tel : +224) 622 56 56 67

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