Tiken Jah Fakoly lance un appel à la mobilisation contre les troisièmes mandats des chefs d’Etat en Afrique. La star ivoirienne de la musique reggae prépare la sortie d’un EP (un album de quatre titres) qui a pour nom,  »3eme dose ».

L’artiste a expliqué dans une interview sur « BBC » que le nom de l’opus fait référence au désir de certains dirigeants africains de se représenter au-delà de deux mandats ou de s’éterniser au pouvoir.

«Je n’avais pas prévu un album cette année, mais par rapport à ce qui se passe dans l’actualité, j’ai pensé à sortir ce EP», a justifié Tiken Jah Fakoly.

En effet, plusieurs dirigeants africains ont changé ou ont fait part de leur volonté de changer la constitution afin de briguer un troisième mandat à la tête de leurs pays.

Les chefs d’Etat du Congo et du Burundi notamment se sont représentés en dépit des contestations de leurs oppositions et de la société civile. Rester longtemps au pouvoir retarde le développement de l’Afrique, aux yeux du reggaeman ivoirien.

«Vouloir se présenter au-delà de deux mandats ou s’éterniser au pouvoir est même un manque de respect vis-à-vis des gens de son propre parti politique. C’est comme si vous êtes le plus intelligent et le plus fort. Ainsi, à part vous, il n’y a pas d’autres personnes capables de gérer le pays», s’est offusqué Tiken Jah Fakoly. « C’est important de laisser d’autres gens du parti, surtout les jeunes s’exprimer et exprimer leurs compétences», a-t-il souhaité.

Tiken Jah Fakoly s’est également insurgé contre les dirigeants africains qui, sans avoir modifié la constitution de leurs pays, font en sorte «d’éviter d’organiser les élections pour pouvoir rester plus longtemps au pouvoir».

Il fait ainsi référence au président de la République démocratique du Congo, Joseph kabila qui a trouvé un accord avec une partie de l’opposition pour rester à la tête du pays jusqu’en 2018, alors que son mandat prend fin en principe le 19 décembre prochain.

«Le syndrome de Blaise Compaore»

Le rappeur congolais Lexxus Legal, qui est intervenu sur le titre  »3eme dose » avec Tiken Jah Fakoly a décrit cette volonté des chefs d’Etat africains de s’éterniser au pouvoir, en évoquant le  »syndrome de Blaise Compaoré » (du nom de l’ancien chef d’Etat burkinabè). Après avoir passé 27 ans au pouvoir, Blaise Compaoré avait été renversé en octobre 2014 par un soulèvement populaire, suite à sa volonté manifeste de changer la Constitution pour se représenter.

L’EP de quatre titres de Tiken Jah Fakoly sort officiellement le 7 janvier avec un concert de l’artiste prévu à Abidjan.

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