A quelques mois des nouvelles échéances électorales en Guinée, le parti au pouvoir couve une grande rivalité fratricide interne. Ce qui permet de comprendre qu’au sein de cette formation politique il y a l’affaire de clans. Et chaque clan est coiffé par une personne qui se croit influente. On peut citer en exemple, clan Nantou Cherif, clan Saloum Cissé et clan Bantama Sow. Un tel cloisonnement peut avoir des effets négatifs sur le fonctionnement des structures du parti. Chaque clan a ses ramifications jusque dans les sections à l’intérieur du pays profond. Il s’agit d’un conflit d’intérêt, une querelle hégémonique qui se manifeste par un trafic d’influence.

Aussi il y a un conflit générationnel, l’opposition farouche entre les jeunes très ambitieux et des anciens inamovibles parfois statiques qui, tardent à se mettre à jour par rapport à l’évolution du monde et des principes politiques. Pour preuve cette opposition est devenue contagieuse, en observant la vie du parti dans les préfectures on constate là aussi un bicéphalisme à tous les niveaux. A Kankan, à Siguiri, à Kindia  ce phénomène est d’actualité. On se demande comment les hommes peuvent s’obstiner  à se livrer à une telle rivalité négative pour le parti. A quoi veulent-ils jouer réellement à un renforcement ou à un émiettement des forces du parti. Il faut savoir que de milliers de partisans ont une conviction sacerdotale pour leur choix politique. Etaler au grand jour cette rivalité pourrait donner à réfléchir à cette base, et les amener à revoir leur position.

Si l’on n’arrive pas à mettre un terme à cette stratification dans les sphères du parti, on s’acheminera inexorablement vers un échec total. Ne cherchons pas à sauvegarder nos intérêts égoïstes au détriment de ceux du peuple. Le passé doit nous servir de leçon pour que l’on ne subisse pas le sort des deux premiers partis arrivés au pouvoir dans le pays : le PDG et le PUP. C’est justement cette querelle hégémonique qui obstrué les voies de la raison des anciens dignitaires. Quand on a le sentiment d’être indispensable, on se livre ainsi à des attitudes très peu orthodoxes. C’est l’harmonie qui fait la musique, c’est elle qui fait la force et la victoire de toute organisation sociale et politique.

Ceux qui demeurent encore éclairés au sommet de la hiérarchie de ce parti, n’ont qu’à user de leur sagesse pour mettre un terme à ce clivage qui commence à émettre de mauvais relents. User de tout leur ascendant politique pour concilier ces clans qui ne sont pas de nature à consolider les activités du parti dans le sens des prochaines élections. L’on se souviendra de l’échec lamentable de notre sélection nationale à cause de cette histoire de clan qui la minait. Il est donc temps que le Pr. Alpha CONDE fasse la revue de troupe pour remobiliser ses soldats en leur disant la vérité afin de sauvegarder la cohésion. Un adage africain dit : « Tuer les vieux cynocéphales ne décime pas le troupeau mais, massacrer les jeunes cynos conduit à l’extinction de l’espèce ».

Pour les prochaines consultations qui se pointent à l’horizon, il nous faut absolument l’entente et l’harmonie pour la gagner. Si nous nous obstinons à aller en rang dispersé, nous risquerons de subir l’effet du brexit anglo-saxon ou la déconvenue des démocrates aux USA. Donc aplanissons nos différences pour éviter d’être l’artisan de notre propre échec.

Mohamed Oularé, militant RPG Arc-en-ciel en séjour à Conakry

Tel : 657 36 36 26

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