Désormais, Dr Ousmane Kaba est le président du PADES – Parti des démocrates pour l’espoir. Invité dans l’émission des Grandes Gueules de la radio Espace Fm, lundi 13 février 2017, l’ancien membre du RPG/AEC a expliqué les raisons de son expulsion du parti au pouvoir. Il s’est prononcé également sur les différents sujets économiques et sociaux qui préoccupent la cité.
Grève des enseignants : Dr Ousmane Kaba donne son point de vue
«Imaginez des ministres de l’Education qui, au lieu de faire des reformes, de redéployer les enseignants pendant les vacances pour qu’à la rentrée tout se passe bien, non ! Ils se réveillent en pleine année scolaire pour faire des modifications avec des classes vides. De toute façon, si ces contractuels ne sont pas qualifiés comme ils le disent, mais ils sont là depuis plusieurs années déjà. Donc, il ne faut pas déplacer le débat. Ce que je dis, ce que la méthode est un désastre, le timing est très mauvais. L’éducation, c’est l’avenir d’un pays, c’est important pour la Guinée comme pour tous les autres pays. C’est lune des raisons de la création du parti PADES. Un pays qui ne met pas l’accent sur l’éducation dans tous ces compartiments est un pays condamné à végéter dans la pauvreté.
Il y a beaucoup de difficultés. Le problème, le plus urgent, c’est le problème de l’enseignement primaire parce que c’est la base. La Guinée est victime de beaucoup de réformes improvisées dans le passé qui se sont répercutées par la faiblesse des niveaux aux cycles primaires et ça c’est un gros problème. Je le sais parce que nous, nous avons le cycle universitaire. Les gens viennent à la fin du cycle et nous avons une proportion de gens qui ne sont vraiment pas qualifiés dans l’enseignement supérieur. Nous faisons ce que nous pouvons avec ce qu’on nous donne. »
De l’enseignement supérieur
«L’amateurisme dont il faut parler, je ne peux pas m’empêcher parce je suis universitaire, de voir ce qui se passe au niveau des universités  privées aujourd’hui. Et vous savez, que c’est le jour de la rentrée  de cette année que le ministre de l’Enseignement supérieur est venu pour nous dire qu’il décide à partir d’aujourd’hui qu’on ne fait plus d’ingénierie dans un pays qui manque de techniciens, qu’on ne fait plus médecine dans un pays d’Ebola, on ne fait plus arabe, on ne fait plus tourisme sans préparation, sans consultation, sans discussion avec les acteurs et sans avertir les gens. Ce’st le genre d’amateurisme qui fait que l’éducation ne peut pas marcher. C’est quelque chose qui mérite de la planification.»
Des fictifs au sein des universités privées
«C’est ce qu’on fait croire aux gens. Il faut savoir que dans l’Enseignement supérieur privé, chaque année, les gens sont contrôlés physiquement par une commission mixte d’inspecteurs du ministère des Finances et du ministère de l’Enseignement Supérieur. Il n’y a pas de fictifs. On fait savoir aussi l’enseignement privé coûte très cher, c’est faux. Dans le budget de 2017, le budget de l’enseignement supérieur, c’est 914 milliards. Dans ce budget, le secteur privé à moins de 300 milliards. Le reste est canalisé dans l’enseignement public. Que fait l’Etat avec cet argent alors qu’il n’y a même pas de banc dans les universités publiques, première chose. Deuxième chose, les tarifs dans les universités privées, c’est 500 dollars en moyenne en Guinée. C’est 4 mille dollars au Sénégal et au Maroc, 15 et 20 mille dollars aux Etats Unis. Et c’est à l’extérieur que l’élite guinéenne envoie ses enfants. Moi, tous mes 6 enfants ont étudié à Koffi Annan. Ceux qui sont allés à l’extérieur, c’était pour le master parce qu’on en avait pas chez nous. Je défie les ministres, les directeurs qui parlent de l’éducation qu’ils disent où sont leurs enfants. Donc, ils envoient leurs enfants à l’extérieur, ils tuent l’enseignement chez nous au lieu d’aider à qualifier cet enseignement et d’encadrer les bonnes universités. Et ils ne font rien pour les universités publiques. »
De lenseignement privé
«Moi je peux vivre sans l’université Koffi Annan. Les gens de ma génération qui sont dans mes conditions ne se préoccupent pas de la Guinée. Ils envoient leurs enfants à l’extérieur, ils achètent des maisons là-bas  et ils font leur vie. Il faut être doté de la générosité pour s’intéresser à la Guinée. »
De la Position du PADES
«Six partis politiques mont fait des propositions, j’ai choisi un. C’est le parti PADES qui existe depuis 2012. Ils mont demandé d’être le président du parti, j’ai accepté l’investiture. Mais j’ai dit au lieu de faire des réunions grotesques, lancer en fanfare, je préfère lancer sur les réseaux sociaux le nouveau parti. Et je peux vous dire, au bout de 24 heures, nous avons eu 400 mille personnes qui avaient pris connaissance, c’est 8 fois le stade du 28 septembre à remplir.
Nous avons accepté ce nouveau parti pour résoudre les problèmes politiques, mais surtout résoudre les problèmes économiques de la Guinée. Mon ennemi, ce n’est ni le parti au pouvoir ni les partis de l’opposition. Mon ennemi, c’est la pauvreté en Guinée. Et j’ai honte avec toutes les qualifications que nous, nous avons engrangées, d’être dans un pays où on est incapable de ramasser les ordures, où les réseaux routiers sont piteux, où il n’y a pas leau pas d’électricité. C’est mon devoir de dire ma part de vérité et de présenter mes solutions aux Guinéens.»
De la Gouvernance Alpha
«Je suis partiellement responsable d’une partie du bilan parce que je suis sincère et naïf. Je ne suis pas un politicien professionnel. Je crois en l’homme quand on me dit quelque chose, je fonce tête baissée. Mais, je n’ai pas toujours raison à posteriori. Ceci dit, j’ai fait de mon mieux. Parce que Kaleta dont on parle, c’est moi qui ai envoyé l’argent. Je me suis bagarré 3 mois pour que le gouvernement accepte de signer l’accord de Kaleta parce que javais envoyé l’argent de la Chine pour qu’ils acceptent simplement le projet.
Les fibres optiques, c’est la même chose. J’ai échoué parce que j’ai envoyé l’argent pour Startimes, pour que la Guinée puisse basculer dans le numérique alors qu’il y avait 80 millions de dollars qui étaient prêts. Et jusqu’à aujourd’hui, la télévision guinéenne est dans un piteux état. Donc, j’essaie de faire ma part de chemin. Ce que je sais faire qui est mon métier, c’est de chercher de l’argent pour construire un pays. Ce que je ne sais pas faire, c’est de faire la politique politicienne. Je ne suis pas du tout un habile politicien. »
Les points de discorde avec le RPG/AEC
« D’abord, il faut se rappeler que j’ai été expulsé au RPG/AEC parce que j’ai eu des divergences d’opinion quand il y a eu des attaques à connotation ethnique dans ce pays. J’estime qu’il faut éviter daller dans la tragédie rwandaise. Ça commence toujours comme ça. Donc, pour moi, ce pays a suffisamment à faire, ça c’est un premier aspect. Deuxième aspect, j’ai eu des divergences dans le domaine de la politique économique, dans le domaine énergétique. J’ai souhaité que le gouvernement fasse des barrages en Guinée Forestière et en Haute Guinée au lieu de faire des barrages à la frontière pour donner de l’électricité dans les pays limitrophes. Lorsque j’ai dit ça, il y a eu certains qui mont dit que tu es contre Kaleta, tu ne veux pas qu’il y ait d’électricité au Foutah et en Basse Guinée. J’ai dit mais vous ne m’écoutez pas. C’est moi qui ai cherché l’argent de Kaleta, je ne peux pas être contre moi-même. Il y a eu aussi des divergences sur l’éducation.
Mais au-delà de tout ça, j’ai dit il faut qu’on fasse un parti où les débats sont possibles. Malheureusement, les partis traditionnels que nous avons, que ce soit à ma droite ou à ma gauche, les débats ne sont plus possibles. Donc, c’est pour cela que j’ai créé un parti où les enseignants, les jeunes cadres, les jeunes diplômés, les paysans, les illettrés, tout le monde aura son mot à dire dans les quatre régions naturelles du pays. C’est un parti qui va chercher la solution aux problèmes des Guinéens.
J’ai eu des problèmes avec une bande d’excités, de zélés qui sont à la tête du RPG et qui pensent que c’est eux qui ont raison. Ils rentrent dans la démagogie facile. Je ne suis pas un démagogue. Quand vous êtes frustrés, vous pensez que vous devez créer un parti politique. »
Assemblée Nationale
«Le Parlement est prisonnier de deux grands partis politiques qui font une entente sur beaucoup de choses, même si ça a l’apparence de l’opposition et de la mouvance. Il y a les deux partis majoritaires dans le parlement qui empêchent qu’on est des enquêtes parlementaires. Un seul député ne peut pas prospérer dans la revendication. Je suis membre du parlement. Je ne peux pas ouvrir une enquête parlementaire. D’abord le parlement lui-même est mal géré. Le budget du parlement est une catastrophe. Les députés ne sont même pas capables de discuter leur budget. On a tout fait, mais une majorité ne s’est jamais dégagée. Le rôle du parlement, c’est d’examiner l’ensemble des budgets du pays. Que le parlement ne parvient pas à examiner son propre budget, il n’y a pas plus grand scandale que ça. »
Route Kankan-Kissidougou
« C’est un véritable problème pour les gens de Kankan-Kissidougou. Il y a beaucoup de choses qui se sont passées. Malheureusement, les marchés n’ont pas été passés dune manière orthodoxe et c’est ça le drame de la Guinée, il faut le reconnaître. Il y a des problèmes un peu partout. Il faut mettre fin à l’impunité générale. Ça  fait partie du programme du parti PADES. La lutte contre la corruption est centrale, si on veut redresser ce pays. »
Les audits
«Pendant la transition, j’ai été contacté par le président Dadis  pour faire des audits en Guinée parce qu’il voulait voir clair. Nous avons conduit ces audits. Je n’étais pas auditeur, j’ai organisé un comité d’audit. Au bout de quelques semaines, le comité a produit des rapports qui ont été ensuite classés, il n’y a pas eu débat. Il y a certains audits qui étaient terminés, il y avait d’autres qui étaient dans une étape intermédiaire qu’il fallait compléter pour ressortir toute la vérité. Mais aujourd’hui, on se rend compte que les scandales qui ont lieu sont encore plus importants que les scandales sur lesquels nous avions travaillé dans les audits. »
Les Rapports avec Alpha Condé
« Je n’ai rien de personnel qui m’oppose au Pr Alpha Condé, à la différence de beaucoup d’autres personnes. Tous les problèmes que j’ai eus avec le président de la République, ce sont des problèmes d’opinion, des problèmes publics qui concernent la Guinée. Le premier problème que j’ai eu, c’est lorsque je me suis élevé contre ce que j’ai considéré comme une attaque ethnique dans un pays fragile. Le deuxième problème, c’est un problème d’électricité. J’ai dit, on ne peut pas avoir d’usines à l’intérieur du pays parce qu’on ne peut pas faire des barrages à l’intérieur du pays. Par contre, on veut faire des barrages pour approvisionner avec l’argent de la Guinée des pays limitrophes. Et j’ai eu des problèmes avec le système éducatif. J’ai estimé que, ce que le gouvernement fait n’est pas dans le sens de la qualification de l’éducation en Guinée. »
Alpha à Kankan
«Je n’étais pas à la réception. Donc, je ne peux rien dire. Je sais que c’est son fief traditionnel. Je ne suis pas allé parce que j’étais occupé à autres choses. »
Affaire Simandou
« Je suis très content du fait que Rio Tinto  s’est retiré. Demandez à tous ceux qui ont travaillé avec moi à la présidence, je faisais partie de la première négociation avec Rio Tinto. Jai été le premier à informer le président que Rio Tinto ne va jamais faire ce projet parce que ce n’est pas dans l’intérêt de Rio Tinto. Nous sommes dans un système qu’on appelle l’oligopole où il y a 4 grands qui donnent chacun à peu près 25% du marché mondial. Il s n’avaient pas intérêt à faire le projet guinéen de 100 millions de tonnes qui allaient s’ajouter au  1 milliard de tonnes déjà commercialisées, ça fait une augmentation de 10%. Donc, ça  fait baisser le prix. Or, nous avions tout intérêt à vendre directement à la Chine.
Nous avions raté le coach. Je me suis battu bec et ongle, mais j’étais membre d’un gouvernement, j’étais à la présidence de la République et je représentais la majorité à l’Assemblée, il fallait défendre la position du gouvernement. Mais ça ne m’a pas empêché un, de prévoir que Rio Tinto ne va pas le faire; deux, de conseiller un accord au plus vite avec la Chine.
Malheureusement, personne ne m’a écouté. C’est plus tard qu’on se précipite, alors que la Chine a fini de satisfaire son quota. La Chine est le plus grand acheteur du fer. 60% du fer mondial est acheté par la Chine. La Chine a fini d’approvisionner son marché avec des accords. La Guinée na pas voulu écouter à temps. Maintenant que la Chine est satisfaite et se retire du marché, le prix baisse. A l’Assemblée Nationale, en tant que président de la commission économique et financière, c’est mon devoir de défendre le gouvernement, c’est ce que jai fait. Mais dans mon travail quotidien, j’ai dit tout ce qu’il fallait dire. Aujourdhui, même si, Chinalco reprend le projet Simandou, ça ne sera pas dans les mêmes termes parce qu’on n’est pas dans le même marché. Le marché est évolutif, change à tout instant. »
Une synthèse de Sadjo Diallo Pour mosaiqueguinee

Tel de www.actuconakry.com

 

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