Devant l’Assemblée nationale à Conakry, des militants ont interpellé les députés et réclamé la mise en place de la réforme du Code civil, ce lundi 5 juin. Depuis deux ans, le projet est rédigé, prêt à être étudié par les députés dans l’hémicycle, mais n’est finalement pas débattu. Or, pour les activistes des droits de l’homme, il y a urgence.
Sur l’esplanade du Palais du peuple, la jeune génération de la société civile veut dépoussiérer certaines règles de droit. Tous réclament l’adoption d’un nouveau Code civil, car celui en vigueur est vieux de 20 ans.
« Il y a beaucoup de questions discriminatoires qui son réglées par le nouveau Code, explique Abdoul Aziz Diallo, un juriste venu manifester. Par exemple, l’homme peut transmettre la nationalité par le mariage mais la femme ne le peut pas, dans les dispositions du Code en vigueur. Il y a aussi les questions de l’héritage des femmes. »
Mais c’est l’article 315 interdisant la polygamie qui cristallise toutes les passions. Faut-il la légaliser ? Ce débat n’aura finalement pas lieu dans l’hémicycle. A l’agenda à l’ouverture de la session des lois en avril, l’adoption du Code civil a été déprogrammée.
« C’est un problème de timing, vu le volume d’autres textes qui nous ont été envoyés en procédure d’urgence, justifie Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle. Ceci dit, toute loi qui irait à l’encontre de la pratique sociale, de la pratique religieuse, est vouée à l’échec. C’est pourquoi le Code existe. »
L’examen du texte est repoussé à la prochaine séance extraordinaire de l’Assemblée à la rentrée 2017.
Avec RFI

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