Disproportionnée et hâtive, la décision de la Haute Autorité de la Communication portant suspension de l’émission les GG de la radio Espace FM pour manquement à certains principes, n’est ni une surprise ni fortuite. Elle est le signe manifeste d’une volonté de clouer des becs qui font frémir les plus hautes autorités du pays dans leur élan de torpiller des valeurs démocratiques chèrement défendues par ces sofas.

Il a fallu pour cette institution, attendre de constater le moindre dérapage pour rebondir sur sa proie. L’émission les Grandes Gueules, était dans le viseur des autorités il y a belle lurette.
Sinon, comment comprendre qu’un simple propos de l’un des animateurs de l’émission qui traite tous les enfants issus de familles polygames, en interprétant le Code civil de 1968, comme étant des bâtards (illégaux), pourrait incriminer toute l’émission jusqu’à prendre une décision aussi grave que bête. D’ailleurs, cette décision prouve à suffisance la volonté d’escamoter la liberté d’expression dans le pays.
Aujourd’hui, cette plate-forme  d’échanges et d’expression d’opinions diverses, est devenue ce parlement populaire où les problèmes auxquels souffrent le bas peuple sont discutés, dont les politiques et hauts commis de l’État sont à la Une de chaque numéro. Mettant ainsi à nu leur gestion calamiteuse couronnée par des malversations financières, de passation de marchés publics dans des conditions les plus stupides et autres…
La HAC, à travers sa décision, démontre encore une fois que le pays tend vers le musellement de la liberté dont les signaux ont été pressentis bien avant. Elle vient de donner le coup d’essai d’une aventure périlleuse qui consiste à mettre au pas des journalistes qui ne vont jamais courber l’échine. Et pour cela, il faut commencer par pêcher le gros poisson de la mare.
Derrière cette décision, se cache une toute autre volonté. Car, force est de reconnaître que la radio Espace est le majordome des médias privés du pays. Avec un audimat bien costaud, qui fait de lui l’un des médias les plus écoutés du continent avec une constance et un professionnalisme dans son traitement de l’information. Contrairement aux médias alimentaires ou il y a des journalistes commerciaux, cette radio a su garder sa dignité en excluant toute possibilité de corruption par des  politiques. Ils ne sont que de journalistes citoyens qui ne défendent que la cause juste et noble sans porter des gants.
Qui sera la prochaine cible ? Faut-il se résigner face à cette volonté de mettre le grappin sur tous les médias qui ne filent pas le même coton que ceux qui dirigent ?
Ce n’est ni par hypocrisie ni par confraternité obligatoire,  qu’il faut soutenir ces confrères. Il faut non plus se réjouir par jalousie de ce qui leur arrive. Il faut tout simplement s’inquiéter pour la prochaine cible. La HAC doit s’affirmer mais pas dans l’excès ou la démesure. On pouvait juste se limiter à la suspension du journaliste qui a dû tenir des propos malveillants et incongrus. Et non étendre ce coup de fouet, qui relève désormais de l’acharnement ou d’une volonté de nous (journalistes) faire taire à jamais, à toute l’entité.
Loin d’un soutien aveugle et passionné, il faut cependant reconnaître que la presse du pays en général, doit agir avec professionnalisme et responsabilité tout en tenant compte de certaines de nos spécificités sociologiques. Il faut être ce journaliste citoyen auquel chaque individu ou groupe qui compose le corps social pourra se reconnaître. Lui être ce modèle et cette inspiration.
Aux autorités, elles doivent avoir en tête que la presse pour son libre exercice n’est ni ennemi ni ami des pouvoirs publics, mais une croix de transmission entre gouvernants et gouvernés qui a besoin de liberté  tout en lui garantissant des conditions de sécurité et de bonnes collaborations sur la base du respect mutuel et d’une indépendance totale.
Et à nous confrères, avant qu’il ne soit trop tard, unissons nos énergies pour ne pas subir ou nous périssons tous ensemble dans un très bref délai.
Par Habib Marouane Camara

Commentaires

3 COMMENTAIRES

  1. Je suis géneralement vos chroniques ainsi qua l’emission « les grandes gueules ». Mais Je suis au regret de vous dire que Je ne partage en rien cette article car il ya comme une fuite de responsabilite Et aussi une complicite quant à l’acte posé par Mr Mara Et sa radio. L’humilite nous recommande de nous excuser Et d’accepter nos fautes en fait d’assumer nos actes ainsi qua les consequences qui en decoulent. La suspension de l’emission ainsi que de L’animateur Mara n’a rien de reprobant car etant moi meme issu d’une famille polygame Et de plusieurs generation, Je me suis senti insulté ainsi que tous mes parents par ce monsieur. Et au lieu de s’assumer la radio change le nom de l’emission tout en chargeant la HAC. On peut etre solidaire de Mr Mara car c’est in chef de famille Mais dans ce cas ne continuer pas l’emission sans lui. Je suis pour la liberte de presse Mais Je condamne fortement ces propos qui voudraient dire qu’avant l’arrivee du colonisateur il n’y avait pas d’enfants legitimes en Afrique. Mr Mara a fait une faute grave, la Radio Espace a commis pire tout en le soutenant par solidarite corporatiste. J’imagine que la radio Espace a beneficie d’ailleurs de faveur de la part de la HAC pour avoir decaler la date de la suspension qui devait etre automatique Et en suspendant juste l’emission. Si cela avait ete une autre radio c’est pas l’emission qui serait suspendue Mais toute la Radio Donc arretez d’accabler la HAC car Elle n’a fait que son travail Et d’ailleurs c’est ce qui nous a soulager car in individu qui insulte tout une partie du peuple Et qui vaquent à ses obligations sans stress cest dû au HAC aussi cela. Imaginez que c’est le President qui avait dit ce que Mara a dit. Le sujet aurait fait un mois à la une de Espace.
    Assumes vos actes.

  2. Qu’on ne se cache pas derrières des arguments de liberté de presse pour défendre l’indéfendable. Les propos de Mr Marah n’honore ni sa personne encore moins Espace. Espace aurait-dû prendre des sanctions contre ce monsieur. Pour ma part la HAC a été légère en sanction.

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