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Interpellé et incarcéré à la Maison centrale de Conakry depuis décembre 2016, soit 8 mois, un groupe de 7 banquiers (G7) croupit en geôle sans aucune forme de procès. Il est reproché au groupe des paiements hors-caisse effectués dans leurs services respectifs et qui sont évalués à plusieurs dizaines de milliards de francs guinéens. S elon les experts, cette pratique n’est nullement une opération isolée.

Elle est couramment faite par les employés de la banque, notamment les plus haut perchés comme le directeur général et l’ensemble des membres du Comité de direction (Codir) qui s’étaient impliqués en accordant ces paiements hors-caisse à certains clients dont nous taisons volontiers les noms. A titre illustratif, pour booster les chiffres des nouvelles agences UBA de Kipé et de Kaloum, le directeur général et le staff du Codir ont accordé ces paiements hors-caisse à certains clients startup de ces agences à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de francs guinéens. File de l’affaire A la date du 17 novembre 2016, des responsables des opérations et de caisse des agences ont été convoqués au siège pour donner des explications sur les différents paiements hors-caisse effectués dans leurs agences respectives.

A l’issue de leurs explications, ils ont été mis à la disposition de la Direction centrale de la police judicaire (DPJ) où il est engagé une procédure d’enquête préliminaire qui dure plus d’un mois.
La banque signifie au G7 et à la DPJ que son souci était de recouvrer les fonds auprès des clients, et au G7, de ne jamais fournir les vrais chiffres à la DPJ au risque de payer 10% sur les montants recouvrés et surtout d’orienter tous les recouvrements à la banque. La DPJ se rendant compte que la banque lui cachait des vérités sur les chiffres, et qu’elle avait trouvé un cabinet parallèle de recouvrement, a diligenté la procédure de déferrement au TPI de Kaloum où le dossier est confié au cabinet du doyen des juges d’instruction, Djeila Barry le 21 décembre 2016. Ce dernier met aussitôt le G7 sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry.

Les premières auditions du G7 effectuées par le cabinet du juge d’instruction absorbent tout le mois de janvier 2017. Certains staffs et clients impliqués dans le dossier sont également entendus. Dans la seconde quinzaine du mois de février, le directeur général de la banque rend visite au G7 à la Maison centrale pour lui réitérer qu’il est convaincu que les fonds n’ont pas été détournés et qu’il souhaiterait la contribution des personnes ressources du G7 pour le recouvrement desdits fonds auprès des clients. Un travail est fait dans ce sens même si le rapport financier produit par le G7 n’était pas exhaustif comparativement à celui fourni par la direction générale de UBA.

L’intérêt d’aller au procès Ainsi, le G7, après les premières auditions, est convoqué par deux fois de suite au cabinet du juge d’instruction. Le temps passe. L’affaire traine. Des sources concordantes font état de pratiques courantes de la banque et indiquent que les fonds en question n’ont jamais fait l’objet de détournement.

La situation se complique. L’usage des termes par les banquiers ne convainc pas les hommes en robes qui cherchent à voir clair sur l’existence d’une complicité interne. Au fur et à mesure que les enquêtes évoluent, Dame Thémis découvre l’implication d’au moins 30% du staff des membres de la direction. Cela tonne dans la banque. Les jours d’après une cohorte d’employés est convoquée (voir fac-similé).

Mais la décision de les emprisonner ne sera jamais exécutée. Au vu de cet état de fait, les avocats du G7 demandent une liberté provisoire de leurs clients. En vain. Elle est plutôt renouvelée. Fait nouveau, le directeur géné- ral de UBA au moment des faits, Franck E. Jonathan Gooré est relevé de leurs fonctions de même que le responsable juridique Djemori Kouyaté qui, depuis, est hors du pays.

Tous deux sont emportés par le vent d’une affaire de… 70 milliards de FG !

Par Mady Bangoura pour le populaire

 

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