Depuis maintenant plus d’une semaine, nous assistons impuissamment à un triste spectacle, un bras de fer engagé entre le gouvernement et un groupe de syndicalistes du secteur éducatif, qui a déjà fait plusieurs victimes ; mort d’homme, viol de mineur, handicapé à vie, des destructions de biens publics et privés et qui a donné lieu à la fermeture des écoles au grand dam de l’avenir du pays.
Il faut rappeler qu’en Guinée, la grève est un droit constitutionnel, elle est définie selon les dispositions de l’article 431.2 du Code de travail comme étant la cessation collective, complète ou partielle du travail par les salariés pour faire aboutir des revendications d’ordre professionnel ou économique qui n’ont pas été satisfaites. L’exercice de ce droit est soumis à un préavis et il fait l’objet de certaines limitations.
Cependant, l’évolution des choses est de nature à inquiéter les citoyens que nous sommes. Sans faire référence au contenu de la plate-forme revendicative des syndicats, ni faire référence aux explications des ministres passés à la télévision Nationale ce soir ; il me semble qu’il y a un profond malaise dans ce gouvernement, un aveu de faiblesse et d’incompétence qui se traduit par l’attitude du Ministre en charge de l’éducation nationale et même du Premier Ministre. Et qui est caractérisé par l’amateurisme, le dilettantisme, l’inconséquence, l’incapacité, et le manque de leadership avéré dans la gestion de cette crise sociale et tant d’autres.
Ce qui est le plus terrorisant et révoltant, est cette bassesse du gouvernement en arrêtant et emprisonnant des syndicalistes sans aucune référence juridique contrairement à ce que Monsieur le Ministre de la Justice Prétend défendre qui est pourtant supposé être un bon avocat mais hélas ! sans oublier la sourde oreille que le gouvernement a fait depuis les premières heures de cette grève alors qu’on pouvait faire l’économie de cette autre crise de trop en faisant juste preuve d’un sens de leadership et de responsabilité.
Combien de victimes faut-il attendre encore avant que le gouvernement Youla ne se décide à prendre le taureau par les cornes !
Si le vase déborde, les laves déferlantes peuvent embarrasser toute la société qui se décidera alors par solidarité à manifester leur soutien aux enseignants.
Ce serait donc dommage qu’un État choisisse l’arme du silence et du mépris pour compromettre et hypothéquer l’avenir de toute une génération et étouffer les justes revendications des fonctionnaires qui ne cherchent que l’amélioration de leurs conditions de vie et de travaille.
Le gouvernement doit changer de stratégie dans sa façon de gérer les grèves pour qu’enfin, nous quittions ce cycle de crise et de grève en répétition.
En définitive, les élèves doivent impuissamment attendre encore à la maison, car la grève continue toujours, surtout avec ces nouvelles menaces d’arrestations faites par le Ministre de la Justice. C’est donc que le feu n’est pas encore éteint et qu’il couve. Le pire est à craindre si rien n’est fait et le Peuple tiendra chacun pour responsable à la hauteur du contrat social.
Dorah Aboubacar KOITA
Juriste et Activiste de la Société civile.  

 

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