Où est donc l’élite sociale guinéenne ? Où est Dansa Kourouma, Président du CNOSCG ? Où est Makale Traoré de la COFFIG ? Où est Abdourahmane Sanoh de la PCUD ? Où est Mamady KEITA de la CONASOC ? Où est Abdoul SACKO du CROSC-CKRY ? Où est Amadou DIALLO de la CNTG ? Où sont tous ces forts en gueule qui ont tant occupé notre espace public avec des plateformes et ONG fantômes ?
Pourquoi cette brusque aphonie alors que le pays traverse une période de forte turbulence ? La notion de société civile et Syndicat, est-elle encore opératoire dans l’espace public guinéen ? Pourquoi, dans notre pays, la frontière entre Société civile et pouvoir politique est si perméable ? Pourquoi tant d’inconséquences et d’irresponsabilités ? Pourquoi tant de recules ? Qu’avons-nous fait des sacrifices de nos devanciers ?
Pourquoi avons-nous donné raison à ceux qui pensent que la société civile actuelle a perdu ses repères, car, ils estiment qu’elle ne répond plus aux valeurs et principes qui la régissent et qu’elle défend tout sauf le citoyen au nom duquel elle s’exprime ?
Notre pays traverse depuis trois semaines une crise sociale suite au mot d’ordre de grève déclenchée par un groupe de syndicalistes du secteur éducatif, qui a gravement affecté et paralysé ce secteur.
Dominés par des querelles de leadership basées sur des intérêts égoïstes, personnels et inavoués, les acteurs sociaux (société civile et syndicat) ont choisi comme d’habitude d’intervenir dans cette crise en rangs dispersés.
Si certains ont préféré de façon complaisante s’embourber dans les déclarations inopportunes d’autres ont tout simplement accepté de pacter avec le diable en restant dans un silence de cimetière.
Alors que c’est d’elle que le déclic devrait venir, par son manque d’anticipation et d’initiative elle a manqué encore une occasion en or pour renaître et Capitaliser le peu de confiance qui lui restait. Surtout pour la faîtière la plus représentative du pays, je veux parler bien sûr du CNOSC mais qui a brillé par l’inaction et l’oisiveté.
Parlons-en du CNOSC qui a à sa tête un jeune président, éloquent, un excellent analyste qui manie la langue de Molière de la façon la plus séduisante mais dans les actions on se demande si l’homme n’est pas un caméléon.
Pourtant, à son arrivée à la tête de cette Institution citoyenne qui s’est fait d’ailleurs avec beaucoup de tractations, le monde entier voyait en sa personne l’incarnation d’une alternance générationnelle, d’une démocratie des valeurs et l’émergence d’un avenir radieux pour le mouvement social guinéen dans son ensemble. Mais Hélas! Que de déceptions !
Toutes ces -soit disant- grandes faîtières sont de même père, si le CNOSC d’aujourd’hui souffre du clanisme et du copinage, la CONASOC semble être le prolongement du Parti au pouvoir, la PECUD quant à elle souffre de manque de vision et de leader. Alors le citoyen lambda n’a que ses yeux pour pleurer.
Le rôle de la société civile n’étant pas seulement d’être une force  d’opposition ou un contre-pouvoir, mais aussi une force d’alerte, d’interpellation et de  proposition, pour être efficace et efficiente, la société civile guinéenne a besoin de se « pluraliser » et de se redynamiser sur des bases concrètes.
L’éducation et le renforcement des organisations, les mouvements syndicaux et d’autres acteurs sociaux s’impose donc afin que la société civile réponde à l’essentielles des contributions réelles ou attendues d’elle à savoir : la construction de la culture citoyenne, de la paix, des droits humains, le contrôle des actions publiques en exigeant du pouvoir public de rendre comptes, et la prévention des tensions et crises.
La construction de cette société civile que nous ambitionnons tous pose donc comme préalable, La consolidation de ses acteurs et un véritable travail sur les mentalités ;
En Guinée, il est évident que les facteurs qui ont empêché la bonne cohésion sociale entre les acteurs sociaux et qui ont largement fait obstacle au maintien et à la consolidation d’une société civile forte et efficace sont entre autres, le clanisme, l’opportunisme, le copinage, le manque de conviction et de vision et la politisation à outrance qui caractérisent son fonctionnement.
Or, La construction de cette société civile efficace et responsable impose que l’on transcende ces débats et qu’on renonce à la politique et   à cette rivalité aveugle qui ne nous amènera nulle part, et que l’on fait face au bien-être collectif.
L’heure du réveille a sonnée pour sauver notre institution, en nous débarrassant de nos querelles de leadership interminables, et en  privilégiant l’unité d’action sur des questions d’intérêt général pour consolider l’héritage de nos héros qui ont mis l’essentielle de leur vie au service des citoyens comme Ben Sékou Sylla, Naby Diakité, Camarade Ibrahima Fofana ,Thierno Aliou Diaouné « que leurs âmes reposent en paix » et tant d’autres qui vivent encore comme  Bakary Fofana, Hadja Saran DARABA
La nouvelle génération doit être déterminée, engagée et pleine de conviction et d’initiatives. La société civile doit jouer pleinement son rôle. La  mal gouvernance, la gabegie financière,  et la mauvaise gestion de nos ressources économiques  que connait aujourd’hui notre pays, ne sont-elles pas les conséquences de l’inaction et la démission de cette institution citoyenne qui  est censée contrôler l’actions des gouvernants, veiller, alerter, interpeller et proposer des solutions.
Pour être compétente, la société civile doit sortir de son complexe et mener des actions concrètes ; elle doit avoir des positions tranchantes en disant les choses telles qu’elles sont ; elle doit surtout être dépolitisée ; elle doit enfin comprendre les politiques publiques, leur mécanisme de mise en œuvre et  leur suivi .Cela a pour finalité de permettre, à terme, d’avoir une société civile informée, consciente, et compétente de partager l’engagement et d’œuvrer en véritable force vive de la démocratie.
Dorah Aboubacar KOITA
Juriste et Activiste de la Société civile
Aboukoita@gmail.com               

 

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