La Guinée s’apprête à offrir un autre spectacle cocasse au reste du monde. La date fixée par la CENI et entérinée par un décret présidentiel ne sera certainement pas tenue. Si des reports de date existent partout ailleurs, celui qui se dessine chez nous relèvera tout simplement de l’amateurisme de nos politiques. Mais nous ne sommes qu’aux premier récifs d’une mer qui s’annonce tumultueuse.

Ils sont donc surpris, nos partis politiques ! Pourtant ils réclamaient à cor et à cris ces élections depuis tant d’années. Que de salives, ont coulé. Que de larmes, parfois mêlées de sang, ont suinté depuis sept longues années pour les exiger. La Commission Electorale Nationale très Indépendante a proposé la date du 4 février depuis trois mois. Nos acteurs politiques ont applaudi cette annonce avec frénésie, sans même prendre le temps d’apprécier les embûches qui se dressent sur leur chemin. Dieu sait cependant qu’elles sont nombreuses, effilées et subtiles.

D’abord la CENI a astucieusement raccourci le délai de dépôt des listes des candidats en violation flagrante de l’article 108 du code électoral, qui le fixe à 40 jours avant la date du scrutin. Intentionnellement, le processus se trouve sous la menace d’un report conformément à l’article 62 du même code. Or la longue liste des dossiers à fournir, principalement le casier judiciaire délivré par le tribunal du lieu de naissance des candidats, s’avère un chemin de croix pour la plupart d’eux. Dans un pays où on peine à déclarer les naissances en plein 21ème siècle, point besoin de dire que ces derniers sont presque tous sans papiers. Dans son zèle effréné, l’organisme de gestion de nos élections même exigé des casiers totalement vierges, dans une directive datée du 5 décembre.

 Ensuite la CENI a fixé le montant des cautions sans tenir compte ni des capacités financières des possibles candidas indépendants, ni de l’équité qui voudrait que dans les circonscriptions comportant peu de conseillers les listes paient moins que dans les grandes communes. De nombreuses candidatures citoyennes se trouvent ainsi subtilement écartées de la compétition.

Enfin la double exigence de la CENI qui combine injustement le lieu de résidence du candidat au lieu d’exercice des activités professionnelles du candidat. Cependant, offre une option entre les conditions.

Mais le plus sidérant reste l’impréparation et l’amateurisme de nos partis, qui sont comme surpris à quelques heures du dépôt des listes de candidats à ces communales. Le dilettantisme du personnel politique de notre pays risque encore une fois d’offrir au monde une situation bien cocasse, au point que les demandes de report viennent désormais des partis de l’opposition.

Visiblement, la seule expertise développée par nos partis politiques reste l’organisation de manifestations fécondes en bilans macabres, mais indigentes en toute autre forme de résultats. La question qui se pose logiquement est de savoir ce qu’ils faisaient tout au long des huit mois écoulés, depuis l’adoption du nouveau code électoral.  Mais c’est cela la politique dans notre Capharnaüm.

Mohamed Mara sur Radio Espace

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