Qui n’a pas entendu le débat sur l’éventuel troisième mandat n’a pas écouté les médias ni lu un journal depuis au moins un mois. Désormais, la musique raisonne comme un emblème. C’est le bon moment pour préparer les esprits. Les retourneurs de veste s’en occupent bien déjà. Les mouvements de soutien fleurissent. Tout le système  est en crise.L’école forme des médiocres. Un criminel condamné par la justice se balade dans les rues. Un ministre de la république et un député  ne sont pas <<affrontés aux chiffres>>. C’est bien là, la faillite d’un système !
Focaliser le débat  sur la révision constitutionnelle est un malaise institutionnel
Dans une république saine, les débats portent sur les politiques publiques, comme le souligne d’ailleurs l’éminent constitutionnaliste sénégalais, Pr Ismail MadiorFall : <<Dans une République digne de ce nom, les discussions ne doivent pas simplement se focaliser sur  la révision de la constitution pour que le président se représente>>.
D’urgence, on ne  fera pas l’injure de rappeler à tous ces cadres qui ne parlent que de troisième mandat que le débat public guinéen devrait porter sur l’efficacité des politiques publiques : la faiblesse de la qualité de l’éducation, le taux élevé du  chômage, la couverture médicale, la fiscalité, le logement, la sécurité sociale, la sécurité alimentaire, la sauvegarde de l’environnement, les infrastructures routiers, le désenclavement des régions, la politique minière etc.
En Guinée, la constitution n’est pas qu’une loi fondamentale, elle est aussi un salut fondamental.
Interrogés à maintes reprises sur l’éventuelle modification de la constitution, le président Alpha Condécontinue d’entretenir le flou sur le sujet. Paraphrasons Bacar Ndiaye, Alpha Condé est réputé êtreun boulanger de l’échiquier politique qui a l’art de rouler ses adversaires dans la farine.Après le boulanger d’Abidjan (Laurent Gbagbo) qui a roulé beaucoup de gens dans la farine – et roulé Robert Gueï dans le sang – la palme des super-boulangers en politique revient au Président Alpha Condé.
Rappelons que la constitution n’est pas qu’une loi fondamentale, elle est aussi un salut fondamental. En effet, c’est au nom de cette constitution que le peuple de Guinée a résisté sans arme contre l’agression portugaise du 22 novembre 1970. C’est aussi pour défendre cette même constitution que le peuple de Guinée a mis en déroute la rébellion de 2000.
Entendons-nous sur les mots…
Entendons-nous sur les mots, le peuple décidera signifie forcement qu’on aura un referendum sur le sujet. Michel Rocard, homme politique français a pourtant mis en garde : <<Un référendum : c’est une excitation nationale où on met tout dans le pot. On pose une question, les gens s’en posent d’autres et viennent voter en fonction de raisons qui n’ont plus rien à voir avec la question>>.
Dans ce contexte préréférendaire, on espère que l’opposant historique guinéen ne va pas collectionner les erreurs à l’image du général De gaule et  De Blaise Compaoré. Car, le Rubicon est un fleuve qu’on ne traverse pas en sens inverseen politique.
En résumé, atlast but not least, le peuple (souverain) de Guinée fera montre d’une colère homérique à toute tentative monarchique visant à modifier la constitution.
A bon entendeur salut !
Par Amadou Tidiane Barry, activiste de la société civile.
E-mail : barrytidiane2012@gmail.com / Tel : 628-827-410

 

2 COMMENTAIRES

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