Cet enseignant au crâne rasé est l’actuel leader syndical le plus influent du pays. Il a pris le flambeau de la lutte syndicale au duo Ibrahima Fofana – Rabiatou Sérah Diallo. A la fois craint et respecté, le régime Alpha Condé l’assimile à un rebelle, mais à la belle allure. Ses collègues enseignants trouvent en lui l’incarnation du syndicaliste efficace, intègre et incorruptible. Mais l’imperturbable Aboubacar fait face à une nouvelle épreuve : celle des multiples convocations à répondre à la gendarmerie régionale de Conakry.
L ’homme au costume blanc et au crâne nu est attendu ce lundi 29 janvier 2018 devant les officiers de police judiciaire de la gendarmerie régionale de Conakry sise dans l’enceinte de la mairie de Dixinn. Et pour cause? Exclu par ses pairs, le syndicaliste Soumah Aboubacar se maintient grâce au soutien indéfectible de la base. D’ailleurs, le mal-aimé de ses confrères Souleymane Sy Savané et Louis M’Bemba Soumah du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg), vient de se faire élire par une cohorte de syndicalistes à l’issue d’un congrès tenu à Conakry. Initialement prévu au siège du structure syndicale à Donka, le congrès a été délocalisé. Puisque, tôt le matin, l’endroit a été assiégé par des agents des forces de sécurité mobilisés à l’effet d’étouffer l’événement. Tenant vaille que vaille à l’organisation dudit congrès, certains syndicalistes acquis à la cause d’Aboubacar Soumah se sont fait arrêter. Une démarche qui n’aura pas eu raison de la volonté des dissidents à témoigner de leur solidarité au leader syndical Soumah qui a d’ailleurs été élu Secrétaire général de sa structure originelle, le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée, à la faveur de l’assemblée élective désapprouvée par l’aile soutenue par Sy Savané et Louis M’Bemba Soumah. Soumah a été finalement interpelé et auditionné à la gendarmerie régionale de
Conakry. «Ils ont compris que ceux qui ont porté plainte contre lui n’avaient pas qualité de le faire», a confié à la presse son avocat, Me Salif Béavogui, sans pour autant dévoiler ce qu’on reproche à son client. Harcèlement Lors de la grève des enseignants déclenchée au mois de novembre 2017, le président Alpha Condé avait qualifié à la fois de sauvage et d’illégale la démarche du camarade Soumah soutenu par certains jeunes enseignants. Le chef de l’Exécutif avait même ordonné la fermeture de toute radio qui donnerait la parole au syndicaliste méprisé ou qui ferait passer un élément sur ce dernier. Peu après, le mis en cause s’est vu exclu du Syndicat par ses pairs Souleymane Sy Savané, secrétaire général du Slecg et Louis M’Bemba Soumah. Une réalité qui amène à s’interroger si Aboubacar Soumah était-il devenu la bête noire du régime actuel que d’aucuns cherchent à tirer vers le bas, alors que ce dernier est en train de connaitre une ascension fulgurante jamais acquise durant sa carrière syndicale. Chefs d’accusation Cette série de convocations de Soumah à la gendarmerie, qui du reste est très médiatisée, fait suite à une plainte portée par Souleymane Sy Savané, un fidèle soutien de Louis M’Bemba Soumah. Savané accuse Soumah d’effraction du secrétariat du SLECG, de soustraction frauduleuse de cartes de membre et d’usurpation de titre, entre autres. Convoqué lui aussi au lendemain de son élection au poste de sercrétaire général adjoint, Abdoulaye Portos Diallo a été entendu samedi 27 janvier. Au sortir de la gendarmerie, il a déclaré avoir livré sa version des faits et même sollicité qu’un transport judiciaire soit organisé sur les lieux en vue de constater les faits qu’il a décrits lors de son audition. En effet, outre les précédents chefs d’accusation, il est reproché à Soumah et son binôme de Portos d’avoir défoncé la porte du Secrétariat général du Slecg.
 Par Mady Bangoura in le populaire

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