Deux anciens responsables guinéens ont comparu aujourd’hui devant un tribunal de Conakry pour des faits de « tortures » sur de jeunes manifestants accusés d’avoir lapidé le cortège du chef de l’Etat pendant la transition militaire en 2010. L’ex-chef de l’armée, le général Nouhou Thiam, et l’ancien gouverneur de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara, inculpés en 2013, étaient présents à l’audience devant le tribunal de première instance de Dixinn, dans la banlieue de Conakry, où se pressait une foule de proches des victimes, selon un journaliste de l’AFP.
Les deux hommes doivent répondre des chefs d’inculpation de « torture, séquestrations, coups et blessures volontaires ». Leur procès s’était ouvert en novembre 2017, avant d’être reporté à plusieurs reprises. Ils sont accusés d’avoir arrêté le 23 octobre 2010 puis torturé dans une gendarmerie de Conakry des jeunes qui étaient soupçonnés d’avoir lancé des projectiles sur le convoi du général Sékouba Konaté, qui a présidé une transition militaire de janvier à décembre 2010.
Dix-sept victimes présumées se sont portées parties civiles, tout comme des associations de défense des droits de l’homme. Interrogé à l’audience, le commandant Camara a nié les accusations portées contre lui. « Je n’étais pas sur les lieux lorsque lorsque les plaignants ont été arrêtés. Je n’étais pas sur les lieux lors qu’ils ont été libérés. Je reconnais simplement avoir été à l’escadron de gendarmerie lorsqu’ils ont été envoyés là-bas et j’ai plaidé pour leur libération », a-t-il déclaré à la barre.
Nommé gouverneur de Conakry en 2010 par le général Konaté et réputé dur envers les opposants, M. Camara a été démis de ses fonctions en 2014 par le président Alpha Condé. M. Condé, opposant historique arrivé au pouvoir en 2010, est le premier président démocratiquement élu de Guinée, ex-colonie française devenue indépendante en 1958, qui auparavant, avait toujours été dirigée par des pouvoirs dictatoriaux.
Les avocats du général Nouhou Thiam ont quant à eux demandé au juge de se dessaisir, en estimant que le général Thiam ne « peut pas comparaître sans l’accord du chef de l’Etat, qui n’a pas encore été consulté ». « Ce tribunal peut bien et va juger le général Thiam et le commandant Camara », a déclaré le président du tribunal, Mangadouba Sow, en reportant l’interrogatoire de l’ex-militaire à la prochaine audience, fixée au 25 juin.

Avec le figaro

 

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