Vincent Bollore, Chairman of media group Vivendi attends the company's shareholders meeting in Paris, France, April 25, 2017. REUTERS/Jean-Paul Pelissier
L’homme d’affaires a été mis en examen pour « corruption d’agent étranger » et complicité d' »abus de confiance » et de « faux et usage de faux » dans l’enquête sur les ports africains.
Un doux parfum de Françafrique. C’est ce qui ressort des déclarations de Vincent Bolloré, cet « afroptimiste », lors de sa garde à vue de 48 heures et que « le Monde » révèle ce vendredi 27 avril. Surtout, l’homme d’affaires breton, qui est mis en examen pour corruption dans l’enquête de la justice française sur les conditions d’attribution de ses concessions portuaires en Afrique de l’Ouest par le groupe Bolloré, assure :
« Je n’ai pas participé à ses négociations. »
Les juges Serge Tournaire et Aude Buresi soupçonnent le groupe Bolloré d’avoir utilisé les activités de conseil politique de Havas afin de décrocher la gestion des ports de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée, via une autre de ses filiales, Bolloré Africa Logistics, anciennement appelée SDV.
SDV a obtenu la gestion du port de Conakry quelques mois après l’élection d’Alpha Condé, un vieil ami de trente ans, fin 2010, et avait remporté la concession à Lomé peu avant la réélection en 2010 de Faure Gnassingbé, qu’il connaît « depuis moins d’une dizaine d’années », qui étaient alors tous deux conseillés par Havas.
« Corruption d’agent étranger » : la retentissante mise en examen de Bolloré
« Je pense que c’est une analyse erronée »
Que répond Vincent Bolloré aux questions des enquêteurs ? « Il n’y a pas de relation », assure le patron breton entre l’activité d’Havas auprès d’Alpha Condé et Faure Gnassingbé et l’attribution des ports de Lomé et Conakry.
S’appuyant en particulier sur les documents retrouvés lors des perquisitions de 2016 au siège du groupe Bolloré, les magistrats soupçonnent Havas d’avoir sous-facturé ses services rendus aux deux candidats victorieux pour obtenir, en contrepartie, la gestion des concessions portuaires, selon « le Monde ». Selon le quotidien du soir, les enquêteurs se demandent si Vincent Bolloré ne se permet pas en Afrique ce qu’il s’interdit en France. Comprendre : un financement de campagne électorale.
Vincent Bolloré s’est refusé à parler de financement de campagne politique. « C’est très différent de financer un candidat politique ou son parti », a-t-il dit, mais il précise que ces deux candidats pour leurs élections présidentielles respectives étaient importants en termes de « stabilité nécessaire pour les investissements déjà réalisés ». Et assure :
« Tout d’abord, c’était autorisé en France jusqu’à une période récente, début des années 1990.  Ça l’est sans doute peut-être encore dans les pays concernés, mais en ce qui nous concerne et d’après les documents qui nous ont été remis, puisque comme vous le savez je n’ai participé en rien, il s’agit de dépenses de communication réelles, faites en toute transparence pour des sommes modestes par rapport à notre budget de communication et totalement dans l’intérêt social. »
Les enquêteurs continuent :
« Si l’on vous indique que nous analysons, nous, en notre position d’enquêteurs, ces dépenses faites au travers d’une facturation intragroupe […] comme des cadeaux faits à Alpha Condé et Faure Gnassingbé, qu’en dites-vous ? »
Vincent Bolloré :
« Je pense que c’est une analyse erronée ».
A chaque question trop précise sur les montages financiers et les sous-facturations des prestations d’Euro RSCG, Vincent Bolloré dit ne pas être au courant, explique « le Monde » : « Je n’ai pas participé à ces négociations », « je ne connais pas le dossier », « je ne connais pas les détails ». Vincent Bolloré conclut :
« Je n’ai jamais autorisé le groupe à financer des campagnes et, à ma connaissance, le groupe ne l’a jamais fait. »
Le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix, a lui, de son côté, fragilisé la défense de son patron : « Vincent Bolloré était au courant » même s' »il était d’accord sur le principe, sans connaître les montants ». Gilles Alix assure du bien-fondé de l’implication du groupe dans les campagnes présidentielles au Togo et en Guinée : « Nous avons favorisé l’éclosion d’un Etat de droit. Voilà. »

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here