Loin de moi toute idée tendant à aiguiser un quelconque débat ethnique, communautaire ou régionaliste, mais il me parait important, à l’allure des choses, jouir aussi de mon droit à l’expression. Une Guinée unie et prospère ne saurait être une réalité avec la politique de « taupe en soit, lynx à autrui ».
Tout est parti de la  composition et la mise en place du gouvernement version Ibrahima Kassory Fofana, qui offert au guinéens cette autre triste réalité d’une autre époque. Où Chaque ministre ou tout au moins les fils à papa sont libres de choisir ou de refuser un poste ministériel, chose qui est pourtant du pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat, dirait-on dans l’article 53 de la constitution guinéenne ‘’… Le Président de la République nomme les ministres et met fin à leur fonction après consultation du premier ministre’’. Disposition connue et respectée par les citoyens.
Mais au fait où est le problème ?
Pour commencer, je le rappelle, loin de moi toute idée de prise de position communautaire, mais je souhaite que chacun balaie d’abord devant sa maison avant de porter des critiques sur le voisin. Pour preuve de mon équidistance dans le débat qui communautarise la position de la communauté Kissia de Conakry, « je suis de père Toma Mania de Macenta, un père qui est de mère kissinô et moi-même de mère malinké de Nafadji, dans Kankan, mais qui est elle aussi de mère métisse Peulh Malinké.
Ce petit rappel, pour dire que de par mon père, la communauté Lôma ne peut être qu’une partie de moi et par déduction Oyé Guilavogui ne peut être qu’un oncle ou un cousin. Je le cite, parce que le débat est parti du changement de chaise entre lui et Roger Patrick Millimouno qui a dû céder le ministère de l’environnement, des eaux et forêts pour se contenter de l’élevage, que son successeur aurait refusé. Toute chose qui a irrité la communauté Kissia de Conakry à y trouver une nomination de faveur pour Oyé Guilavogui au détriment d’un de ses fils. Donc a demandé à ce dernier de décliner l’offre du chef de l’Etat, mais heureusement que Roger a fini par faire le choix de servir la République.
Cette sortie de la communauté Kissia qui l’exposera à toutes les critiques, comme si elle est la première dans une telle démarche en Guinée. Mais hélas, certes l’imitation doit être dans le bon sens, si les mauvaises attitudes sont soit punies, soit abandonnées. Dans le cas guinéen, la communautarisation à outrance du débat est tout d’abord soutenue du haut de la sphère politique, entretenue par les coordinations et mise en pratique par les citoyens.
Qui en Guinée n’a pas ou ne voit la coordination mandingue surgir à travers le souvent le RPG Arc-en-ciel pour mettre de la pression sur les décisions du l’exécutif, alors que la loi l’interdit ?
Qui n’a pas ou ne vit pas au quotidien, les prises de position de la coordination Hali Poular pour s’approprier les victimes des manifestions de l’opposition sur l’axe, pour dire que ‘’ce sont nos enfants qui sont victimes du pouvoir’’ ?
La communauté Baga n’a-t-elle ici pendant une bonne période pris d’assaut les médias pour exprimer leur soutien à ‘’leur fils’ Mathurin Bangoura, dans l’affaire des massacres du 28 septembre ?
Le lobbying  de la COBAG, dont les réunions incessantes influent sur les nominations au gouvernement ou dans d’autres sphères ?
Tout cela est-il normal dans une république dont la constitution condamne mais qui se passe sans que personne n’en soit inquiété ?
Voulons-nous commencer à donner les leçons de citoyenneté et de patriotisme à la communauté Kissia ?
Le rappel des dispositions de la constitution et leur application commencent-ils par cette communauté ?
L’on pourrait bien s’en réjouir si cette démarche était sincère, impersonnelle et qui pourrait s’étendre à tout le monde.  Mais hélas, tout est bon faisable, tant que nous qui le faisons ou qui sommes bénéficiaires. Pourtant pour une réelle Guinée unie, une et indivisible, notre démarche commune doit tout d’abord être sincère sans aucune hypocrisie.
La communauté Kissia peut certes, comme on l’entend fait la ‘’Honte’’ aujourd’hui, mais qu’ont fait les autres communautés depuis tout ce temps qu’elles l’utilisent pour se faire une place au soleil ? La fierté ? Qui y a levé le petit doigt pour dénoncer ou punir ?
Si l’on doit aujourd’hui condamner la démarche de la communauté Kissia, il me parait important qu’il en soit de même pour tous les citoyens guinéens, sans exception. Qu’il n’y ait pas de communauté privilégiée par rapport à une autre, comme le dit clairement la constitution.
Si la démarche des Kissia doit faire la honte, qu’en est-il celle des autres qui a toujours consisté à savoir combien sommes-nous à des postes de ministre ? A la fonction publique ou dernier recrutement ? A bénéficier les marchés publics etc ??
Œuvrons ensemble pour une Guinée unie pour la paix, la prospérité et stabilité.
Dieu bénisse la Guinée et les guinéens
Daouda mohamed Camara
Journaliste analyste politique
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