La diplomatie guinéenne couve un malaise profond depuis l’arrivée de Mamady Touré des Etats-Unis. Pourtant sa nomination à ce département a suscité assez d’espoir compte tenu de son passé administratif et surtout de sa connaissance du milieu diplomatique. Etre un bon cadre dans l’accomplissement de son devoir ne peut pas faire d’un homme un bon chef. Commander est un art, ce n’est pas tout le monde qui peut commander. Et justement c’est qui arrive malheureusement au département des affaires étrangères.
    L’administration dans les départements est souvent grippée par la querelle des égos entre les chefs de département et leurs adjoints. Dans nombreux départements il y a cette mésentente entre le secrétaire général et le ministre ou entre le ministre et son DAF. C’est justement ce cas de figure que déplorent les travailleurs de ce département. Tout le monde pensait que la venue de Mamady Touré allait faire marcher à merveille les affaires étrangères mais, hélas !
   Il ya un conseil de cabinet qui se tient fréquemment dans les départements pour analyser les faits de la semaine et envisager les mesures et disposition à prendre pour le bon fonctionnement du département. Mais c’est avec regret que l’on constate depuis l’arrivée de ce ministre, la rareté de ces conseils de cabinet. Ce ministre et ses adjoints notamment le secrétaire général ne se parlent presque pas, à peine même il ya une salutation voilée entre eux. Quand des hommes sommés à travailler ensemble se regardent en chien de faïence comment un tel département peut évoluer.
Quand on arrive dans un département comme premier chef, il faut toujours prendre en considération les cadres que vous y trouvez. Ces collaborateurs ne doivent être en aucun cas des ennemis. Ce sont les collaborateurs directs du ministre, ceux avec lesquels il doit prendre des décisions et même faire des propositions de nomination des ambassadeurs.
    Le département des affaires étrangères souffre justement de cette incompatibilité entre les hommes. Serait-ce la faute au chef de département qui se meut dans un égocentrisme étriqué ou encore un déficit de sa capacité managériale ? Quand le chef de département écarte ses adjoints immédiats pour se focaliser  sur une autre personne, il y a lieu de se demander ce qui ne va pas. Un certain Chérif conseiller du ministre est devenu l’homme à tout faire dans ce département. Même les propositions des ambassadeurs sont faites à huis clos avec le ministre. Ni le secrétaire général ni les autres cadres du cabinet n’y sont associés. Par népotisme une des cousines du ministre nommée Touré, stagiaire de son état est préférée aux anciens  cadres pour des missions à l’extérieur.
   A l’heure où le pays est prêt à prendre son envol économique et social, c’est regrettable de constater de tels agissements dans un département aussi important que les affaires étrangères. La gestion humaine est très difficile, mais il faut le faire avec. Il faut savoir mangé tout le monde chaque homme a sa partition à faire, c’est ce que l’on appelle harmonie, l’entente entre toutes les composantes d’une structure ou d’un département. La confiance en vous placée par le chef de l’Etat exige de vous et de vos collaborateurs une synergie d’action. Un ministre doit avoir une stratégie inclusive et non exclusive.
Il est encore temps pour ce département de remettre les pendules à l’heure avant que tout ne se gâte au détriment du pays

Mohamed KABA, Ancien Consul de Guinée en séjour à Conakry