Avec 26% d’admis selon les résultats définitifs, le bac 2018 vient de battre des records d’échecs. Il faut remonter dans les années 80 notamment du Ministre Diarra pour trouver pire.
On peut comprendre la satisfaction des quelques 5000 nouveaux bacheliers, qui ont ainsi obtenu leur billet d’entrer dans l’enseignement supérieur. Et l’on s’en voudrait de gâcher leur plaisir. Mais pour autant, ces résultats sont-ils gage de bonne formation et de bon niveau d’acquisition du savoir de base ? Disons-le tout net : la réponse est négative.
Depuis longtemps, les gouvernants ne cherchent qu’à modeler leurs listes en fonction des places disponibles dans les universités. Une forme de numerus clausus à la guinéenne. Ceci est encore plus vrai depuis la quasi interdiction des affectations des étudiants dans les universités privées.

Les questions pertinentes du sociologue guinéen Dr Bano Barry sonnent encore dans nos oreilles.

En effet, comment concilier, le taux très faible de succès au bac avec les piètres performances des élèves sur l’acquisition des savoirs de base ? Autrement, comment expliquer cette baisse régulière du taux d’admis, par rapport à la cohorte de néo-bacheliers peinant à rédiger quelques lignes dans un français à peu près correct, ou ne disposant pas d’un minimum de culture générale ?
Quand Dr Bano, en tant qu’expert, pointe une baisse générale du niveau à la sortie de l’enseignement secondaire, sa pensée est détournée sans que des réponses adéquates ne viennent corriger le problème. Surtout que dans ses explications, le sociologue a pointé aussi du doigt le faible niveau des enseignants et la surpopulation scolaire.
À partir de là, il apparaît clairement que, les résultats du bac ne sont plus déterminés par le niveau des candidats: ils découlent avant tout d’objectifs chiffrés fixés par l’éducation nationale qui obéit à des ambitions politiciennes de maîtrise du nombre des étudiants.
Mais croit-on vraiment rendre service aux élèves en leur proposant un examen de plus en plus dévalorisé – certains disent « bradé » ? Quel message leur envoie-t-on, lorsque les conditions ne sont pas créées pour que le travail studieux et l’acquisition patiente des connaissances permettent de faire la différence ?
A cette question nous espérons une ou des vraies réponses. Loin des solutions focalisées sur le nombre, mais sur la qualité de nos jeunes diplômés. Et c’est là que les sociologues et chercheurs comme Dr Bano devraient davantage travailler. Surtout qu’ils se rendent compte qu’en abaissant la qualité de notre système éducatif, l’Etat renonce à sa mission. Sur fond d’injustice social, il réduit peu à peu la possibilité pour les moins favorisés de progresser dans la société à partir de l’école.
Dans l’attente, il est à constater que l’heure est grave pour le système éducatif guinéen. Une situation que chacun doit déplorer, puis exiger des mesures correctives d’urgence dans l’éducation.
Honorable Ousmane Gaoual Diallo