Au moins trois civils peuls ont été tués dans le centre du Mali au cours d’une attaque attribuée à des chasseurs traditionnels, a-t-on appris jeudi de sources associatives et sécuritaire.

L’attaque a eu lieu mercredi dans le village de Soména, près de Djenné (région de Mopti, centre), où « des chasseurs traditionnels armés ont tué au moins trois civils peuls avant de les jeter dans un puits. Plusieurs autres civils peuls sont portés disparus », a déclaré à l’AFP Ousmane Diagayete, président de « Pinal Pulaku Afrique », une association panafricaine regroupant les Peuls.

L’information est confirmée par Abdoul Aziz Diallo, président de « Tabital Pulaaku Mali », principale association peule au Mali.

« Mardi, les chasseurs dozo ont encerclé le village de Soména. Ensuite ils ont égorgé tous les hommes du village avant de les jeter dans un puits », a précisé M. Diallo dans un message accompagné de photos envoyé à l’AFP.

Une source de sécurité malienne a affirmé que « des civils ont été tués mercredi près de Djénné par des hommes armés », sans plus de détails.

« Les civils peuls sont encore une fois l’objet de la barbarie des chasseurs traditionnels, en toute impunité, ce qui n’est pas du tout normal », a indiqué M. Diagayete.

« Une équipe de sécurisation a été dépêchée sur les lieux pour éviter des débordements », a ajouté la même source de sécurité malienne.

L’incident de Soména intervient à trois jours du premier tour de l’élection présidentielle au Mali pour lequel 24 candidats seront présents dont le président Ibrahim Boubacar Keïta.

Les violences intercommunautaires se multiplient depuis trois ans dans le centre du Mali entre Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l’agriculture. Appelés « dozos » en Afrique de l’Ouest, les chasseurs traditionnels sont, dans le centre du Mali, membres de l’ethnie dogon.

Les Peuls dénoncent régulièrement des exactions à leur encontre, au nom de la lutte contre les jihadistes, de la part de ces chasseurs armés, tolérés voire encouragés selon eux par les autorités ou l’armée, ce que dément le gouvernement.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Malgré un accord de paix signé en mai-juin 2015, les violences ont persisté et se sont propagées depuis vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins.

Lu sur maliactu