Illusions perdues, ce titre du roman d’Honoré de Balzac résume  bien la situation de notre pays. Chaque jour qui passe, nous relevons une fissure de la nation. Et,  sommes choqués par la récurrence des crises.Tant tôt politiques et tant tôt  socioéconomique.Traduisant ainsi, notre impossibilité de former une nation.
Venons-en à la crise socioéconomique. Malgré la croissance à deux chiffres annoncée par les autorités et, l’admission du pays au programme de facilité élargie de crédit,  les populations pataugent dans l’extrême pauvreté. L’exploitation des ressources est un fiasco. Du moins, seule une minorité en bénéficie. Le chômage bat son plein au sein de la couche juvénile. Celle-ci, tente tant bien que mal de survivre. Les uns, désemparés, prennent la route de l’atlantique, à la recherche de l’eldorado. Les autres, téméraires, essaient de bouleverser l’ordre établi.
Depuis l’augmentation de 25% du prix du carburant à la pompe, il y’a comme un mur de méfiance entre le fameux gouvernement proche du peuple  et les guinéens. Au fil des manifestations sociales, le pays entier reste bloqué.Même le président Condé, de plus en plus désavoué par sa base, en fait les frais. Et, en guise de contre-offensive, les guinéens ont été conviés à un plan com géant destiné à discréditer les membres des forces sociales. Dans cet exercice, tout le fan club arc-en-ciel est mis à profit. A sa façon, le ministre Boureima Condé remonte l’histoire et trouve la potion magique : restriction des libertés publiques. Staline n’aurait pas fait mieux.Voicidonc, une grosse tache qui marquera le combat de l’opposant historique qu’on nous avait promis plus blanc que le blanc.
Sur le plan politique, il n’y a pas beaucoup à espérer. Car, la seule chose dans laquelle la classe politique excelle est le bavardage politique. Bientôt six mois, depuis que le vote du peuple souverain de Guinée est  confisqué, par une classe politique égocentrique qui ne pense qu’à assouvir ses besoins. Pourtant, on nous a raboté les oreilles, que tout ira mieux après les élections de développement. Et pourtant, toujours rien.
Ne parlons pas de la pire des conneries politiques. Elle est la loi du genre. Lasortie de Dr Ousmane Kaba, président du parti PADES, interpelle tous les républicains. Mêmes nos pères fondateurs doivent se retourner dans leur tombe lorsqu’ils voient les intellectuels se mués en fossoyeur de la république. Puis qu’il s’agit du Dr Ousmane Kaba, son exemple fait désormais école. Toute chose à une limite. Y compris le cynisme en politique. Et oui, Rabelais avait raison : << La sagesse ne peut pas entrer dans un esprit méchant, et science sans conscience n’est que ruine de l’âme>>.