On accuse la gendarmerie et la police de tirer toujours sur les manifestants de l’opposition. Ce monsieur, Grenade, tenant une arme de guerre en a-t-il fait usage ? Comme des nécrophages, les cendres de leurs manifestations ne sont pas encore refroidies que des acteurs politiques se mettent à se disputer le nombre de « militants » qui seraient tombés depuis l’arrivée au pouvoir du professeur Alpha Condé.

Les membres de l’opposition sont vite montés au résultat comme à un champ de tir pour un décompte macabre à mettre à leur actif. Et, il était difficile qu’il en soit autrement, c’est le bien nommé Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, qui a été le premier à mettre au crédit de son parti le sacrifice de ses militants. Sur les 97 personnes décédées avancées, 97 seraient de l’UFDG, tous relevant de la même ethnie. Ainsi Cellou se comporte comme un chef de guerre qui sait de quoi il parle quand bien même on serait, dit-on, en démocratie. Comment dans la tambouille volontairement créée dans le pays, Cellou a-t-il pu dénombrer les morts au point de pouvoir les identifier comme des militants de son parti ? La question est d’importance et nul doute que des spécialistes en stratégies de complot ne manqueraient pas de nous dire que l’apparence est souvent trompeuse ; autrement dit les « balles assassines » ne viennent pas toujours de là où l’on croit. C’est pourquoi il faut crier justice, la vraie justice, pour les « 97 militants de l’UFDG » sacrifiés pour que se réalise une volonté mûrie par leurs responsables qui, cyniquement, tirent la couverture à eux sans égard pour les autres membres de l’opposition, dont les consciences sont aujourd’hui lourdes du sang de ces enfants de la Guinée, pour, dit-on, protéger la République.

Avec ce chapelet de chiffres discordants se pose cette autre interrogation : qui est réellement martyr dans ce capharnaüm ? Selon un observateur averti, tous ces 97 ne sont pas des martyrs. A l’aune des tristes évènements survenus en Guinée devra alors être définie la notion de martyrs.

Les opposants ont-ils vraiment les instruments pour le faire puisque la plupart de ceux qui sont morts n’ont pas fait l’objet d’autopsie ? D’autant qu’ils ont été inhumés par leurs familles respectives sans passer sous les bistouris du chirurgien légiste. Mais quelque soit l’appréhension que l’on a de tous ces morts, la haine et le cynisme continuant d’habiter les opposants sont-ils à l’honneur de notre « guinéenité » ? Il est indécent voire inhumain de voir l’exclusion qui est faite à certains Guinéens même jusqu’à l’hommage fait aux morts.

Aux yeux de certains animateurs de l’opposition, les Guinéens partisans du RPG tués par eux lors de ces différentes manifestations ne seraient pas des martyrs. Comme pour dire que leur sort, ils l’ont mérité.

A qui profite le sang des martyrs ?

90, 91, 92, 96… 97. Ainsi s’égrène le nombre de ‘’martyrs’’, tombés sous les supplices de ces manifestations. Leur nombre a été arrêté à 97 aujourd’hui. Et sans état d’âme, certains qui les ont envoyés à la mort se repaissent des dividendes générées par leur sang épandu sur le macadam. Avec leurs noms et leurs cadavres, ils roulent carrosses, font des affaires. Ils se sont érigés en défenseurs des droits humains, en OSC, en défenseurs de la République pour mieux se remplir les poches.

Apparemment ces manifestants ne sont pas armés et pourtant certains d’entre eux possédaient armes et munitions. La rhétorique de l’opposition est connue : « Au nom de nos martyrs nous n’accepterons pas ceci, nous n’accepterons pas cela !… » Ils vont jusqu’à utiliser la mort de ces pauvres qui pour certains ne savaient même pas ce qu’ils étaient sortis chercher ces maudites journées qui leur furent funestes pour qu’aujourd’hui leurs noms soient scandés pour justifier l’injustifiable.

Pendant que les familles des victimes pleurent, eux font la bamboula. Pendant que les blessés souffrent dans leur corps et dans leur âme, eux se la coulent douce, se marient en pompe, font la belle vie. C’est ça leur démocratie. Et comme ils pensent plus à eux-mêmes qu’à l’avenir de ce pays, ils travaillent à diviser les Guinéens par des propos ethnos, et même dans les cimetières par la haine qui les étouffe.

Ainsi va la vie. Les uns meurent pour des causes dont ils n’ont cure, les autres s’engouffrent dans les espaces créés et s’empiffrent, c’est ça la règle du jeu.

Ahmed Camara Allemagne