ACTUCONAKRY.COM / Depuis son avènement au pouvoir, João Lourenço, le président de l’Angola a instauré l’opération << transparência >>, transparence en français qui consiste à lutter contre la corruption et les personnes en situation illégale dans son pays. Depuis plus d’un mois, plusieurs étrangers y compris des guinéens passent de mauvais moments en Angola.

Moustapha Sylla, homme d’affaires et secrétaire général de la section RPG Angola en séjour à Conakry décrit la situation dans laquelle vit les milliers de guinéens dans ce pays.

<< Le président Angolais João Lourenço avait promis pendant les campagnes électorales de lutter contre la corruption. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’opération « transparência » qu’est entrain de mener le gouvernement angolais >> a fait savoir l’homme d’affaires.

Et cette opération s’étend sur les personnes en situations illégales dans le pays. Depuis plus d’un mois, les étrangers vivant illégalement dans ce pays du « kwanza » passent de mauvais moments : << Cette opération ne cible pas que nos compatriotes comme d’autres le pensent. Il y a quelques jours, 370 000 ressortissants de la République Démocratique du Congo ont été rapatriés. Leur rapatriement est plus facile parce que l’Angola a une frontière commune de 1200 km avec la RDC >> précise Moustapha Sylla.

Sur la situation des guinéens en Angola, l’homme d’affaires décrit de deux cas de figures : << Nous avons des compatriotes qui sont dans des situations totalement légales. Le gouvernement angolais ne fait aucune injustice par rapport à ça. Ils ne sont pas inquiétés >>.

Par contre, pour ceux qui sont en situation illégale : << l’Angola est un État souverain qui veut jouir de sa souveraineté. Cela ne veut pas dire que l’Angola est un pays méchant ou xénophobe. Si vous êtes en situation légale, vous êtes considérés comme un angolais. Vous avez les mêmes droits qu’un angolais >> témoigne Moustapha Sylla et poursuivant que : << La vérité est que plusieurs de nos compatriotes sont dans des situations pas totalement légales en matière d’immigration. Ils ont été prévenus deux mois avant l’opération de quitter les zones minières et la capitale. Je crois même que les differentes chancelleries ont prévenu leurs concitoyens mais certains l’ont pris à la légère >>.

Dans cette situation difficile que les guinéens traversent, Moustapha Sylla conseille à ses compatriotes soit de << quitter l’Angola ou de se régulariser même si cette dernière option reste difficile après le déclenchement de l’opération >>.

Pour une meilleure issue, l’homme d’affaires guinéen exhorte les autorités angolaises et guinéennes de trouver un mécanisme de sortie de crise : << Comme il y a une entente entre l’Angola et la Guinée, deux pays liés historiquement, nous demandons une sorte de doléance à l’Angola et au ministère des affaires étrangères et l’ambassade de la Guinée à Luanda d’œuvrer pour donner un petit temps à nos compatriotes. À ceux qui ne sont pas légaux de quitter. Il faut qu’on trouve un mécanisme parce que beaucoup se trouvent en situation de pauvreté. Ils veulent quitter le territoire angolais mais ne disposent pas de moyens pour revenir >>.

Pour ceux qui veulent rester en Angola à tout prix, Moustapha Sylla prévient << Ceux qui veulent s’entêter en restant en Angola cachés dans des maisons, je crois que cela sera difficile pour eux. Je dirais à ces compatriotes là de faire très très attention. Ils peuvent rester cachés dans les maisons des bailleurs en les donnant de l’argent chaque jour mais le jour où l’argent finira, ils (bailleurs) vont appeler le service d’immigration et vous serez mis dehors >>.

Le secrétaire général du RPG section Angola explique la difficulté de rapatriement des guinéens par la crise économique que traverse l’Angola : << Avant, quand le gouvernement angolais arrêtait des immigrés en situation illégale, automatiquement il affretait des avions pour les rapatrier dans leurs pays d’origine. Mais aujourd’hui le contexte économique a totalement changé. Aujourd’hui, on vous met en prison, vous payez une amende et si vous avez des parents qui peuvent payer votre billet, ils le font et puis vous êtes rapatriés. Et si vous n’avez pas de parents qui peuvent le faire. Ce sera très très difficile >>.

Sur les attaques à mains armées et assassinats de guinéens en Angola, Moustapha Sylla affirme que << Tout le monde est victime d’insécurité et de banditisme. Des brésiliens, congolais et même des angolais en sont victimes. Et cela s’explique par la détention d’armes par plusieurs personnes après la guerre civile. J’ai même été victime d’une fusillade au pied. Et les auteurs ont été jugé et croupissent en prison >>.

Moustapha sylla est un homme d’affaires qui vit depuis plus de vingt ans en Angola et plaide pour une conjugaison d’efforts des deux pays pour ses compatriotes en situation illégale en Angola.

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