C’est avec des mines serrées qu’Aboubacar Soumah et Abdoulaye Sow sont apparus dans la salle des congrès du palais du peuple pour annoncer aux enseignants la non signature du protocole d’accord.

Pour la 3ème journée consécutive, le protocole d’accord n’a pas encore été signé. Et aucune date n’a été donnée pour une éventuelle signature.

Pourtant, les syndicalistes avaient fait beaucoup de concessions pour parvenir à une solution mais en vain.

<< Nous avons lâchés du lest, nous avons revus nos prétentions à la baisse parce qu’il s’agit d’une négociation et nous sommes des cadres responsables. Nous avons accepté de sortir du cadre des 8 millions pour que nous puissions trouver une solution, pour ne pas que l’avenir de nos enfants soit perturbé >> a déclaré Abdoulaye Sow de l’USTG.

Les secrétaires généraux du SLECG et de l’USTG accusent certains cadres du gouvernement d’être à l’origine du blocage. << Il y a des cadres véreux de ce pays qui vivent des enseignants fictifs au sein de l’éducation. Ils ne veulent pas que nous les dénichions . Nous avons décidé de faire l’assainissement et de dire voilà le nombre de fictifs. Donnez l’argent qu’ils recevaient aux enseignants. L’amélioration des conditions de vie des enseignants va dériver de l’économie qu’on va trouver chez les fictifs >> a fustigé le secrétaire général de l’USTG et d’accuser : << Comme ils ne veulent pas, ils sont opposés au dénouement de cette crise. Ils préfèrent que la crise s’enlise pour que l’avenir de nos enfants soit mis en cause >>.

Aboubacar Soumah de son côté accuse l’inspecteur général du travail et le chef de cabinet du ministère de la fonction publique d’entretenir les fictifs: << Nous avons accepté d’orienter l’amélioration de nos conditions de vie (salaires) sur les revenus engrangés suite à l’assainissement du fichier de l’éducation. Proposition qui nous a été soumise il y a longtemps. Soucieux de l’avenir du pays, nous avons fini par accepter >> et poursuivant que : << Nous avons exigé que l’argent trouvé du fichier assaini soit orienté uniquement sur le salaire de base. Chose qui a été acceptée depuis 72 heures par le gouvernement. Mais depuis qu’on a fait appel à l’inspecteur général du travail et au chef de cabinet du ministère de la fonction publique, qui sont responsables de tous ces cadres fictifs du pays, ce sont eux qui les entretiennent, ils vivent de ça, nous en sommes conscients, ils refusent catégoriquement d’accéder à la signature de ce protocole >>.

Face à ce blocage, le secrétaire général de l’USTG appelle toutes les structures syndicales du pays à une grève générale et illimitée afin de trouver une solution à la crise.

Aboubacar Soumah quant à lui a appelé l’ensemble des enseignants de la Guinée à une marche ce jeudi pour exprimer leur ras-le-bol.

Sadjo Bah pour Actuconakry.com Tél : 625 01 66 69