Sur ACTUCONAKRY.COM / Le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation  -MENA- en partenariat avec le Consortium International de Développement en Education  -CIDE- a organisé ce mercredi un atelier de restitution de l’étude d’élargissement de l’éducation de base et de diversification des filières du secondaire.

Cette étude s’inscrit dans le cadre des réformes entreprises par le gouvernement guinéen dans le secteur de l’éducation. Dans cette optique, d’énormes efforts ont été consentis pour rendre le système éducatif plus performant, dans l’amélioration de l’accès de la majorité des enfants guinéens à l’école par la construction de salles de classes, la qualification des enseignements apprentissages par la formation continue des enseignants et la fourniture de manuels et supports pédagogiques.

Malgré ces nombreux efforts, le système éducatif guinéen présente toujours des insuffisances selon le secrétaire général du MENA, Casimir Diaora. Pour pallier ces insuffisances, le MENA a entrepris des réformes devant aboutir à une meilleure qualification du processus des enseignements apprentissages. Parmi ces réformes : «l’élargissement de l’éducation de base de 6 à 10 ans en vue d’une scolarisation obligatoire des enfants et des adolescents et la diversification des filières d’enseignements au lycée pour offrir plus d’opportunités aux élèves de ce sous-secteur de se préparer à une formation universitaire et post universitaire plus efficace ou à une formation professionnelle ou à une insertion dans la vie mieux réussie » a expliqué Casimir Diaora, secrétaire général du MENA et d’ajouter : «Cette réforme a exigée une étude préalable qui est à son terme et dont le rapport va nous être présenté par le CIDE qui a été sollicité à cet effet avec l’appui de nos partenaires techniques et financiers ».

Pour sa part, le ministère de l’enseignement technique et de la formation par la voix de son secrétaire général se dit interpellé par l’élargissement de l’éducation de base et la diversification des filières du secondaire dans la mesure où : «L’une des missions de l’enseignement technique est la diversification des filières de formation qui permet aux jeunes d’avoir de la compétence et de s’insérer » a souligné Michel koivogui, secrétaire général du ministère de l’enseignement technique et de la formation professionnelle et de louer ensuite les efforts déployés par le MENA : «Je remercie le MENA pour tous les efforts déployés afin qu’éventuellement ces études nous permettent de mieux préparer les apprenants qui viennent dans nos institutions et qu’ils soient en mesure d’avoir toutes les compétences ».

La Guinée veut à travers cette étude d’élargissement de l’éducation de base et la diversification des filières du collège être à l’image des autres pays pour offrir un minimum aux élèves pour qu’à leur sortie de l’éducation fondamentale puisse s’insérer dans le marché de l’emploi. Et à ceux qui veulent poursuivre d’aller au lycée et à l’université.

«Nous connaissons les problèmes que nous avons, c’est vrai qu’aujourd’hui on n’a pas encore atteint la scolarisation universelle pour tous les enfants. Cette étude là fait des propositions dans ce sens. Comment faire en sorte qu’il y ait plus d’accessibilité au niveau de l’enseignement de base et comment faire en sorte pour retenir les enfants dans le système pour qu’à leur sortie qu’on ait plus d’enfants qui ont les fondamentaux. Il faut qu’il y ait plus d’équité. Comment faire en sorte que tous ceux qui sont marginalisés soient pris en compte. Nous nous sommes rendu compte qu’au supérieur, il y a assez de filières et qu’au secondaire, il n’y a trois filières. Ces filières ne répondent pas forcement aux filières au niveau du supérieur bien que le supérieur aussi va falloir revoir un peu les filières de formation pour faire en sorte qu’il soit axé sur le marché de l’emploi. Nous essayons de voir comment diversifier les offres de formation au niveau du secondaire. On veut inverser la tendance en essayant de former depuis la base pour que les gens puissent avoir les rudiments nécessaires, pour pouvoir aller vers ces filières là. Nous avons fait des propositions qui sont entrain d’être discutées et nous sommes à la phase ultime de la décision politique » a élucidé professeur Djénab Baldé, consultante locale de l’étude.

Cette étude a permis de proposer des axes stratégiques pour améliorer la situation en généralisant l’accès à l’éducation de base notamment : «Développer le préscolaire et petit à petit le généraliser. Cela permettra mieux l’intégration à l’école primaire. Nous proposons aussi de supprimer l’examen d’entrée en 7ème année parce que c’est un facteur de blocage qui ne permet pas à plusieurs élèves guinéens de continuer leurs études. L’objectif est donc de généraliser l’accès de l’éducation jusqu’à la fin du collège. A la fin du collège, nous avons proposé plusieurs parcours pour ceux qui désirent continuer leurs études dans le lycée. Et pour les élèves qui ne peuvent pas continuer dans le lycée, nous avons proposé deux choix ; soit d’intégrer la formation professionnelle et pour cela il faut intégrer au niveau du collège déjà quelques compétences qui vont les permettre d’accéder à la formation technique et professionnelle. Et nous avons proposé un 3ème parcours au niveau du collège pour intégrer des compétences qui leur permet d’accéder au marché de travail directement. Au lycée, il y a un problème d’inadéquation des programmes du lycée qui bloquent les élèves à continuer leurs études. Pour cela, nous avons proposé de diversifier les filières tout en mettant à niveau les filières existantes et progressivement diversifier ces filières pour les rendre plus encrées que ce soit avec les besoins de l’enseignement supérieur, les besoins du marché de travail ou la formation technique et professionnelle » dira finalement Mohamed Bennane, directeur général du CIDE.

Sadjo Bah pour Actuconakry.com / Tél : 625 01 66 69