ACTUCONAKRY.COM / La scène se passerait de commentaire tant elle est à la fois désespérante, cynique et révoltante. Sous des prétextes fallacieux, une foule particulièrement remontée et déchaînée s’en est prise aux installations de la société GUITER SA dans le district de Tinsinkoro, sous-préfecture de Banankoro. C’était le mercredi 14 novembre dernier. Le bilan pourrait être extrêmement lourd. Au-delà des pertes colossales subies par l’entreprise GUITER SA, il y a que l’image de notre pays ainsi renvoyée aux investisseurs pourrait en prendre un sacré coup de massue. Comment en est-on arrivé-là ? 

  • Ce qui s’est passé le mercredi 14 novembre passé à Tinsinkoro, un district de Banankoro

Les faits sont têtus. Tout porte à croire qu’avant l’expédition punitive entreprise contre la société GUITER SA le mercredi 14 novembre passé, un véritable travail de sape, de manipulation, surtout de désinformation des populations avait d’abord été minutieusement entrepris par certains individus tapis dans l’ombre. Ne nous y trompons pas, il l’a surtout été par des gens qui n’ont aucun intérêt à ce que l’exploitation industrielle prospère dans la zone, pas plus d’ailleurs dans le pays. Tant pis pour eux si les populations locales ne tirent aucun profit de leurs activités à eux relevant pour l’essentiel de l’exploitation artisane. Ils n’ont que faire non plus des dividendes engrangés par l’Etat guinéen et toutes les réalisations sociales et communautaires entreprises dans le cadre de l’exploitation industrielle, en termes aussi bien de financement que d’emplois. Ce qui est loin d’être le cas, fort heureusement, des districts de la sous-préfecture de Banankoro où opère la société GUITER SA. Aussi, à l’issue d’une Assemblée générale qu’ils ont tenue le 09 octobre dernier, les présidents des districts de Tinsinkoro, Sirgnaldou et Kalamando Massando ont tenu à adresser une copie de leur Procès-verbal au ministre des Mines et de la Géologie, en vue de lui exprimer tous les bienfaits qu’ils pensent du travail accompli par cette société. Tout en mettant sévèrement en garde contre le travail de sape dénoncé plus haut. « Monsieur le ministre, si disposition n’est pas prise dès maintenant pour empêcher ces Masters et leurs alliés d’intoxiquer la population, une guerre fratricide surgira au sein de notre communauté car nous n’accepterons jamais une rétrocession d’un centimètre de la zone en faveur de l’exploitation artisanale. La cohabitation est impossible », peut-on lire dans ledit Procès-verbal.

Vous l’aurez peut-être compris, ces Masters ne sont autres personnes que celles évoluant en fait dans l’exploitation artisane, auxquelles pourtant, une grande superficie a été concédée par l’Etat guinéen. Cependant qu’ils n’ont de cesse d’avoir des visées sur l’infime partie régulièrement attribuée à GUITER. Ce qui est corroboré par les explications de Mohamed Lamine Condé, leader communautaire, qui s’est confié à un confrère de la place. « C’est un acte de sabotage. Nous cohabitons avec l’artisanat qui convoite nos zones. Il y a une limite qui nous sépare mais ces gens-là veulent coûte que coûte s’accaparer des zones de la société. Ils ne veulent pas voir les sociétés industrielles dans la zone. Ils veulent saboter pour que les gens se découragent d’investir là-bas afin que la zone soit à leur portée. Ils pourront ainsi faire ce qu’ils veulent par la suite». Sans commentaires.

  • Des prétextes fallacieux aux raisons véritables d’un acharnement révoltant contre GUITER SA

En écoutant davantage le témoignage livré par le leader communautaire Mohamed Lamine Condé, on comprendrait aisément le montage grossier qui a été mis en place en vue d’induire l’opinion publique en erreur. Un adage dit que « quand on ne sait pas, on se tait tout simplement ». A l’ère du Net, certains internautes sont décidés à aller trop vite en besogne en distillant des contre-vérités toutes crues. C’est comme s’il s’agissait en somme de faire passer la société GUITER pour la grande méchante louve. Celle qui naviguerait aux contre-courants des intérêts des communautés à la base, c’est-à-dire au prime abord concernées par l’exploitation industrielle. Pour peu qu’on soit honnête, au vu du témoignage accablant qui suit, lequel sans aucun doute va se recouper avec le rapport impatiemment attendu de la police, ce n’est nullement l’entreprise GUITER SA qui a agressé qui que ce soit, mais c’est bien elle qui a fait les frais d’une manipulation éhontée ayant débouché sur des pertes colossales non encore précisées.

 « D’abord, ils ont poussé les femmes à venir réclamer le tas de sable de 2. 500.000 mètres cubes qui est stocké sur  notre permis par l’ex-société AREDOR. Ils ont coupé les grillages, ils se sont emparés du coin. Et on n’a rien dit parce que les forces de sécurité étaient impuissantes devant les gens. La population locale même avait déjà écrit au ministre des Mines pour lui signifier la crainte qu’elle risque d’être attaquée par une force externe certainement manipulée. Cette force externe manipulée est venue non seulement agresser la population locale  mais aussi la société GUITER. Ils sont venus s’attaquer à nos installations. Ils sont venus trouver des machines en train de travailler et ils ont dit d’arrêter qu’ils ne veulent pas que les machines travaillent dans cette zone-là. Les forces de l’ordre étaient là et celles-ci leur ont dit d’attendre qu’il y a une mission de Conakry qui doit venir tabler autour du problème mais ils n’ont pas été patients. Ils sont venus s’attaquer à la gendarmerie, aux bureaux de la gendarmerie, brûler les deux véhicules du Commandant de la gendarmerie et emporter ses biens matériels. Après, ils sont venus dans les installations de la société GUITER, ils ont brûlé les véhicules qui étaient sur place. Ils sont remontés dans les bâtiments, ils les ont mis à sac, ont tout emporté avec eux à Banankoro. Ils ont mis le feu au magasin central, à des camions de transports de minerai, à la dragline, à des véhicules légers, des motopompes, des chargeuses, des bulldozers, tout a été incendié…»

Pour dire vrai, à la suite de ce témoignage, le sable dont il est question ici pose de véritables soucis de protection de l’environnement. Il ne suffit pas de dire qu’il doit être mis à la disposition des populations, il faudrait non seulement en avoir le mandat, ensuite réfléchir avant à des solutions susceptibles d’éviter la pollution de cours d’eau avoisinants. D’où un arbitrage nécessaire entre différents ministères. Ce qui est largement au-dessus des prérogatives de la société GUITER SA, dans le périmètre d’exploitation duquel se trouve néanmoins le fameux sable.

  • Au-delà du coup dur porté à l’investissement, les risques d’un déchirement plus profond

Ce qui se passe en fait aujourd’hui dans les mines de Banankoro à cause de pratiques particulières nuisibles à l’investissement privé n’est certainement pas fortuit. L’Etat est mis à rude épreuve, il va falloir qu’il réagisse. L’acharnement avec lequel, une foule particulièrement remontée, instrumentalisée, s’est attaquée à la base de GUITER SA pour des motifs fallacieux, tout au plus relevant de la sauvegarde d’intérêts purement égoïstes, devrait laisser libre cours à des interrogations majeures. Cela se passe au moment même où le Président de la République entend ouvrir davantage le pays au monde extérieur de l’investissement. Il ne faut être dupe, cette entreprise va se heurter à des résistances parfois farouches. Rien qu’à voir les images des dégâts commis à la base de GUITER SA à Tinsinkoro, il y a de quoi dissuader plus d’un investisseur sérieux. Conséquemment, ce sont les retombées économiques à la fois pour les populations et pour l’Etat qui sont en train d’être sérieusement compromises. Sans compter que les risques d’un déchirement profond entre populations riveraines sont réels. A ce sujet, le procès verbal de l’Assemblée générale des districts adressé au ministre des Mines est plus qu’évocateur. Il reste à savoir si l’anarchie va prévaloir sur le nécessaire ordre à établir. Fort heureusement que les populations, lorsqu’elles ne  sont pas induises en erreur, sont conscientes de lé nécessité d’aller de l’avant.

Nous y reviendrons…

Moussa Soumah