Infos Actuconakrycom / Ce matin, le directeur général adjoint de la Société Guinéenne d’Exploitation du Backbone  -SOGEB- était l’invité des Grandes Gueules chez nos confrères de Hadafo Média. Dans son intervention, il a expliqué comment la Guinée a fait mieux que la Côte-D’ivoire dans l’acquisition de la licence de la 4G, la couverture du pays par la fibre optique, l’interaction de la SOGEB avec les opérateurs entre autre.

 Voici l’intégralité de son intervention dans les Grandes Gueules :

« La guinée a fait mieux que la Côte-D’ivoire dans l’acquisition de la licence 4G. Je me base de façon scientifique pour le démontrer. Quelles sont les paramètres d’entrée en République de Guinée ?

Nous avons une population de 12 millions d’habitants. Nous avons un coût de la licence de 90 millions de dollars sur 10 ans, ce sont des paramètres d’entrées importantes. 90 millions de dollars font 52,2 milliards de FCFA. Si je le ramène à l’année en divisant les 52,2 milliards sur 10 ans, cela fera 5,25 milliards par an, divisons le pour 12 millions de guinéens.

On a 90 millions de dollars soit 52,5 milliards de FCFA sur 10 ans avec une population de 12 millions d’habitants et si nous le divisons par 10, on a 5,25 milliards par an c’est-à-dire que si nous partageons les 90 millions de dollars, chaque guinéen aura 437,5 FCFA par an. Je prends le cas de la Côte-D’ivoire, 100 milliards sur 15 ans pour une population de 24 millions soit 6,66 milliards par an, chaque ivoirien aura 277,7 FCFA. Je dis simplement que la Guinée a mieux fait que les voisins c’est-à-dire que la Guinée a vendu à 1,57 le coût de la Côte-D’ivoire sans tenir compte de la croissance de la population parce que quand vous prenez 24 millions d’habitants, ceci croira beaucoup plus vite ou rapidement que 12 millions d’habitants.

Dans tous les pays du monde, si vous voulez vendre une licence, c’est comme si vous allez au marché yenguèma, je vais à madina, je viens un commerçant qui me dit qu’il a une paire de chaussure que je vends à 10.000 GNF, moi je lui dis de laisser à 5000 GNF. On engage donc des négociations et on se met d’accord et finalement il me la vend à 9000 GNF, c’est ce qu’on appelle la convention. Donc l’Etat guinéen a mis une licence et il dit qu’elle coûtera 100 millions. On ouvre des négociations avec les opérateurs en tenant compte des réalités du secteur. Ils se sont mis d’accord pour vendre cette licence à 90 millions de dollars. Le secteur est très transparent. Ça ne veut pas dire parce qu’on a annoncé un chiffre, la France avait annoncé 2 milliards pour la vendre finalement à 3,5 milliards d’euros pour la licence 4G. L’Italie l’a vendue à 3,7 milliards euros pour tous les opérateurs réunis.

Aujourd’hui, c’est un seul opérateur qui a ouvert son chèque et adressé à la Guinée 90 millions de dollars. Si MTN et Cellcom veulent déployer la licence 4G, ils feront un chèque à la Guinée aussi. Voilà un petit peu l’explication mais une fois de plus le directeur général de l’ARPT est le mieux indiqué pour le faire.

L’arrivée de la 4G va changer beaucoup de choses. Notre pays a connu une mutation digitale. Le taux de pénétration de l’internet en Guinée en 2008 était de 0,4% de la population guinéenne, cela représentait à peu près 42.000 guinéens. Dix ans après, le taux de pénétration de l’internet est passé à 33%. Nous venons de très loin.

Les citoyens guinéens étaient confrontés à des problèmes goulot d’étranglement de bandes passantes à deux niveaux. Il y avait un problème Hardware, un problème physique lié aux infrastructures, il y avait aussi un problème spectral lié aux fréquences. Donc avec la signature de cette convention qui permet de libérer une 3ème fréquence 3G déjà et une nouvelle fréquence 4G qui va décongestionner davantage nos réseaux. L’impact sera l’amélioration des qualités de réseau, l’amélioration de la qualité des services, des produits et surtout l’investissement, l’innovation. La 4G permettra à l’opérateur d’investir et quand il investit, il créera de l’emploi.

La 4G va apporter beaucoup plus de capacité, de débits, de fluidité dans les réseaux. Par exemple : c’est comme si vous êtes sur une autoroute et vous avez un véhicule dont la limite est 100 km/h et quelque soit la façon avec laquelle vous appuyez sur l’accélérateur, vous ne dépasserez les 100 km/h. Et vous achetez une nouvelle voiture dont la limite est 250 km/h sur une autoroute où il y a une fluidité du trafic. C’est ça la différence. Donc la 4G va apporter plus de capacité, de débits, de fluidité dans les réseaux.

Interaction entre la SOGEB et les opérateurs

Les congestions se situent à deux niveaux. Il y avait un manque d’infrastructures, des infrastructures qu’on aurait dû construire il y a 10 à 15 ans. Nous sommes entrain de mettre en place des infrastructures. Depuis 2013, il y a le câble sous-marin qui a atterri en guinée. C’est ce qui a ouvert les fenêtres de la Guinée à la capacité internationale à l’internet. Cette capacité existe en Guinée et elle est stockée à Kipé, il faut prendre maintenant cette capacité et la dispatcher sur toute l’étendue du territoire national jusqu’aux fins fonds du terroir. L’Etat guinéen veut construire l’autoroute de l’information.

Donc le Backbone national à fibre optique de Guinée (le Backbone est un mot technique anglais qui veut dire épine dorsale ou colonne vertébrale des réseaux) consiste à construire une infrastructure fédératrice dans les 33 préfectures, les 8 gouvernorats et plus de 48 localités d’importance régionale du pays avec les dernières technologies de transmission à fibre optique. C’est-à-dire que nous sommes entrain de passer des soubresauts d’étapes transitoires dans notre pays, nous sommes entrain de rattraper notre « retard ». Nous passons à l’étape supérieure dans le domaine de la fibre optique.

La distance de cette fibre optique est de 4.500 km, elle est déployée aujourd’hui à hauteur de 90%. Ce qui veut dire que si nous mettons en service les tronçons déjà déployés et livrés, nous allons résorbez la demande capacitaire du pays à hauteur de 90%.

La fibre est déployée dans les 8 gouvernorats et les 33 préfectures. Quand vous exécutez un tel projet, il se poser certaines questions existentielles. Il faut regarder la consommation capacitaire versus demande capacitaire. En Guinée, la demande capacitaire la plus élevée est Conakry, la capitale. La 2ème ville du pays où la demande capacitaire est la plus élevée est Siguiri, en Haute Guinée. Et parfois la consommation capacitaire de Siguiri dépasse celle de Conakry. Et la 3ème ville du pays où la consommation à l’international est la plus élevée est Labé. Quand vous voulez déployez un projet de cette envergure, une fois que vous ayez posé ces questions, vous commencerez à le déployer dans des zones économiquement rentables. Aujourd’hui, nous avons déployé la fibre optique sur l’axe Conakry-Mamou, Mamou-Labé est terminé, c’est-à-dire Mamou, Dalaba, Pita, Labé. L’axe Mamou-Kankan est terminé, Kankan-N’zérékoré est terminé, N’zérékoré-Faranah est terminé, Faranah-Mamou est terminé, Conakry-Boké est terminé, Boké vers Gaoual est terminé. Il nous reste 23 km entre Gaoual-Labé.

Et nous allons parler des pendulaires, les connexions à l’international. Notre pays la Guinée est le seul pays de l’Afrique de l’ouest à avoir 7 frontières communes avec d’autres pays de la CEDEAO, ce qui donne une situation géographique avantageuse à notre pays. Notre ambition, c’est d’être le Hub national. Donc nous avons la fibre optique vers Kourémalé, la frontière avec le Mali est terminé, Forécariah-Farmoriah, la frontière avec la Sierra-Léone est aussi terminée, à Koundara, la frontière avec le Sénégal est terminé. Nous l’avons déployé aussi vers la frontière avec la Guinée-Bissau, la frontière avec la Côte-D’ivoire aussi. C’est en mouvement.

La mise en opération est prévue pour cette année. 2019 est l’année du numérique en Guinée pour deux raisons : le lancement du Badbone national à fibre optique et la libération de la licence 4G.

Nous avons des clients qui sont des opérateurs de réseaux et des fournisseurs d’accès à internet, il faut solder certain pré requis. On a demandé à nos clients qui sont les opérateurs de faire leurs travaux de génie civil, l’ouverture des tranchées dont vous parlez pour se rapprocher de l’infrastructure en vue de faire la dernière connexion. Dans la SOGEB, nous ferons de la vente en gros. Nous n’irons pas chercher les 12 millions de guinéens chez eux parce que chaque guinéen a une carte SIM d’un opérateur de choix. Une fois que mettrons la capacité à la disposition des opérateurs, par ricochet, ils mettront cette capacité à la disposition de leurs clients.

La fibre optique, une fois déployée et mise en service, il y aura des baisses de coût. Nous allons à l’intérieur du pays parce qu’on veut promouvoir d’une société de l’information. C’est aussi de la cohésion sociale. C’est-à-dire que le guinéen partout où il se trouvera puisse avoir accès à l’internet. Quand les coûts baissent, vous avez la fluidité du trafic. Pourquoi les coûts baissent ? la faiblesse de l’accès à l’infrastructure par les opérateurs parce qu’ils ne vont plus dépenser de l’argent, donc ils vont améliorer leur Capex et leur Ropex. Leur capital d’investissement Capex et leur capital d’exploitation Ropex et ils vont réaliser une certaine économie d’échelle et cette économie d’échelle permettra aux opérateurs d’investir dans d’autres domaines.

Pour vous les opérateurs de médias, quand cette infrastructure sera en place, vous n’aurez plus besoin de déployer des antennes relais partout en Guinée. Vous pourrez mettre en place des Web TV, des Web radio, vous toucherez un plus grand nombre de la population. Voilà cette promotion de l’information qu’on veut.

L’avantage pour l’Etat est qu’une fois que les opérateurs seront connectés à ces infrastructures, ils vont payer un droit de passage et tous les opérateurs n’auront qu’un choix, celui de passer par cette infrastructure. C’est comme si vous êtes sur une autoroute à péage. Tu paies, tu passes et tu vas plus vite. Ça va être cela »

Decryptage fait par Sadio Bah pour Actuconakry.com