Infos Actuconakry.com / Devant un parterre d’invités, la plupart issus du monde de la santé, en présence notamment de quelques membres du gouvernement dont le ministre de la Sécurité et de la protection civile, Alpha Ibrahima Keira et le ministre de la santé, NiankoyeLamah, le Premier ministre Kassory Fofana, en sa qualité du président du comité national de lutte contre le Sida (CNLS), a présidé ce vendredi, 01 février 2019, la 9e Assemblée générale ordinaire du CNLS dont l’hôtel Rivera de Conakry a été le cadre de rencontre. Récit.

L’agenda du jour était focalisé sur entre autres, allocutions des invités, y compris le Secrétaire exécutif du CNLS, Dr Abass Diakité ; présentation du cadre stratégique national de lutte contre les IST/VIH Sida pour la période 2018 – 2020 ; présentation du bilan de la riposte au VIH/Sida 2018 ; présentation du bilan de la mise en œuvre de la subvention VIH du Fonds mondial 2018 – 2020 et enfin, des discussions pour des recommandations afin de valider le cadre stratégique national pour la période 2018 -2020.

À tour de rôle, l’honneur est revenu au Gouverneur de la ville de Conakry, Général Mathurin Bangoura, qui est également le président du comité régional de lutte contre le Sida, de souhaiter la Bienvenue aux participants à cette 9e Assemblée générale ordinaire du CNLS, et de marteler aussi sur le cas spécifique de Conakry s’agissant du taux de séroprévalence, qui est devenue une réelle préoccupation des autorités de la capitale.

« Je suis honoré du choix de la ville de Conakry pour abriter la présente cérémonie. Ce choix n’est pas hasard, car les études ont montré que la ville de Conakry reste la plus touchée par le VIH avec un taux de séroprévalence de 2,7%, cela constitue une préoccupation pour nous, dirigeants de cette ville, au vu de toutes les conséquences qu’engendrent le Sida.

En ma qualité de président du comité Régional de lutte contre le Sida, je réaffirme mon engagement et mon soutien au Gouvernement, et à l’ensemble des partenaires en faveur de la poursuite du combat contre le Sida en Guinée et plus particulièrement à Conakry.

J’adresse mes félicitations et mes encouragements au Secrétariat Exécutif du comité national de lutte contre le Sida, aux acteurs et partenaires pour les résultats obtenus et la poursuite des efforts sur le chemin de l’éradication du Sida dans notre Pays (…), a-t-il déclaré.

Pour le Secrétaire Exécutif du comité national de lutte contre le sida, Dr Abass Diakité, a rappelé les efforts fournis par les autorités et les résultats accomplis par son service dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA, avant de soumettre le cadre stratégique national de lutte contre les IST/VIH/Sida au Premier ministre chef du gouvernement, Dr Kassory Fofana.

« Le Secrétariat exécutif, faut-il le rappeler, est l’organe technique du comité national de lutte contre le Sida avec pour mission de traduire ses orientations politiques en action et de coordonner l’élaboration, la mise en œuvre opérationnelle et le suivi du cadre stratégique national de lutte contre le Sida ainsi que la motivation des ressources pour son financement.

Comme à l’accoutumée, nous venons soumettre à votre approbation le bilan de la riposte 2018 et en plus de cela, le cadre stratégique national de lutte contre les IST/VIH et Sida pour la période 2018-2022. Le bilan de la mise en œuvre de la subvention en cours du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, composante VIH, vous sera également présenté.

En attendant les présentations qui vous donneront d’ambles informations, qu’il me soit permis d’évoquer quelques résultats remarquables enregistrés.

Le pays avec l’implication de tous les partenaires et acteurs de la riposte, s’est doté d’un cadre stratégique national de lutte contre les IST/VIH Sida pour la période de 2018 – 2022 à la faveur de la fin du précédent qui s’étendait sur 2013 à 2017.

Le nombre des sites qui ont offert des services en matière de conseil et dépistage volontaire (CDV), 138 sites permettant à près de 160 000 personnes de connaître leur statut sérologique.

Concernant les services de prévention de la transmission Mère-enfant (PTME), le nombre de sites intégrés ont connu une augmentation remarquable passant de 323 en 2016 à 726 en 2018. Cela a permis d’accroitre le nombre de femmes enceintes conseillées et testées au VIH.

Le nombre de sites pour la prise en charge en ARV a doublé depuis 2016. Le pays compte 142 structures délivrant le traitement ARV.

De même, le nombre de personnes sous traitement antirétroviral a considérablement augmenté avec 46 926 patients.

Pour le suivi biologique des personnes vivant avec le VIH, on dénombre 100 appareils compteurs CD4 et 21 appareils à charge virale fonctionnels dans notre pays.

A date, on note 2 Centres de traitement ambulatoire pour toujours renforcer la prise en charge des personnes vivant avec le VIH.

La décentralisation de la coordination de la riposte avec la mise en place des bureaux de coordination du SE/CNLS est effective dans les 8 régions.

Notre pays a bénéficié encore de la confiance du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme avec l’octroi de cinquante-cinq millions six cent soixante-trois mille trois cent deux dollars (55 663 302 USD) en faveur de la lutte contre le Sida.

Le système de santé a été renforcé avec la rénovation des structures sanitaires, l’installation des unités radiologiques dans les régions ainsi que la mise à disposition d’autres équipements.

Tout ceci est couronné par une baisse du taux de prévalence du VIH au sein de la population générale passant de 1, 7% (en 2012) à 1,5% (en 2018 selon l’enquête démographique et de santé).

Vous conviendrez avec moi que ces résultats sont réconfortants voire porteurs d’espoir. Cependant, les performances de la riposte pouvaient être plus appréciables encore, n’eut été l’insuffisance des ressources.

Les ressources mobilisées auprès de l’Etat et de ses partenaires ont été en dessous, soit de 40 % des prévisions budgétaires. La présente Assemblée m’offre l’occasion de lancer un appel pour l’accroissement des ressources afin que notre pays soit parmi ceux qui sont en passe d’atteindre les objectifs pour 2020 et 2030.

Comme vous le savez, le cadre stratégique définit les orientations de la lutte contre le Sida pour cinq ans. Celui que nous vous proposons aujourd’hui, a un budget total de deux cent soixante-deux millions sept cent cinquante un mille trente-cinq dollars américains (262 751 035 USD).

Bien que ce montant paraisse élevé, je ne doute point de la capacité de mobilisation de l’Etat et des différents acteurs et partenaires impliqués dans la riposte au Sida qui, mieux que quiconque, savent tous que la réussite de la riposte au Sida dans notre pays est conditionnée à cette mobilisation qui permettra la mise en œuvre efficace du cadre stratégique national de lutte contre les IST/VIH/Sida 2018 – 2022 (…), dit pour sa part Dr Abass Diakité.

Pour le Représentant de l’OMS, en même temps coordinateur par intérim du système des nations unies en Guinée, Pr Georges Afred Ki-Zerbo, a salué les progrès accomplis par la Guinée, grâce à l’application de trois principes directeurs dans un esprit multisectoriel et interdisciplinaire en réponse à la menace SIDA.

« Il s’agit de la mise en place d’une autorité unique de coordination nationale que présente le comité national de lutte contre le SIDA ? L’élaboration et la mise en œuvre d’un cadre unique de réponse, il s’agit du cadre stratégique national 2018 – 2022 et enfin un système de suivi et d’évaluation.

Il faut reconnaître que les efforts ont été fournis pour être au rendez-vous de 2020, des trois 90, à savoir : 90% des personnes vivant avec le VIH connaissant leur statut sérologique ; 90 % des personnes connaissant leur statut sérologique reçoivent un traitement antirétroviral et 90 % des personnes vivant avec VIH sous traitement antirétroviral ont une charge détectable.

L’accélération de la prévention dans la population en général et pour les populations-clé en particulier, et l’augmentation progressive du nombre de personnes qui ont accès aux médicaments antirétroviraux contribuent à la stabilisation de la séroprévalence et à l’amélioration des autres accélérateurs de la qualité de vie ainsi qu’à l’augmentation de l’espérance de vie chez les personnes infestées par le VIH.

Les efforts dynamiques en cours nous donnent espoir d’une inversion des tendances épidémiologiques à l’horizon 2020 et d’avantage à l’horizon 2030. L’augmentation progressive de la contribution de l’Etat, qui reste toujours à améliorer, à contribuer, à augmenter la mise sous traitement des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Le coordinateur au niveau de la primature permet une réponse multisectorielle avec un ancrage interdisciplinaire et intersectoriel afin de mettre fin au VIH à travers une approche holistique (…)

Le Premier ministre, Dr Kassory Fofana, en prenant la parole pour l’ouverture de la présente Assemblée, a rappelé aux participants l’objectif de la présente rencontre, avant de marteler sur la redevabilité de ceux qui ont la charge de gérer.

« Comme le stipulent les textes, le comité national de lutte contre le Sida se réunit en session ordinaire une fois par an.

Bien qu’ayant été évoqué, je me permets de rappeler l’objectif de notre rencontre de ce matin. Au cours de la présence session, nous sommes appelés à valider le bilan annuel de la riposte au VIH pour l’année écoulée et le cadre stratégique national de la lutte contre les IST/VIH et Sida pour la période 2018 – 2022.

L’Assemblée générale s’inscrit dans le cadre de la redevabilité quant à la riposte au Sida répondant ainsi aux attentes de son Excellence monsieur le président de la République, Professeur Alpha Condé.

Il ne s’aurait y avoir bonne gouvernance dans la gestion sans l’obligation de rendre compte et ce à tous les niveaux, les populations bénéficiaires ainsi que les bailleurs doivent être régulièrement informés de la gestion des ressources allouées.

La redevabilité impose donc aux personnes chargées de gérer les affaires de démontrer qu’elles l’ont fait avec prudence, efficience et équité dans la transparence et cela au travers de moyens d’information crédible (…)

La situation actuelle de la réponse au VIH/Sida en Guinée suscite de l’espoir avec la stabilité de l’épidémie. Notre ambition commune de mettre fin à l’épidémie du VIH à l’horizon 2030. Pour cela, nous devons redoubler d’efforts sur tous les plans et surtout sur le plan financier.

Le gouvernement, avec la volonté manifeste du président de la République de lutter contre le Sida, réaffirme son engagement à mobiliser les ressources afin d’atteindre les objectifs aux horizons 2020 et 2030 (…)

Pour la présentation du cadre stratégique national (CSN) de la lutte contre les IST/VIH/sida 2018 – 2022, y compris (vision, principes directeurs, résultats, mode d’évaluation du CSN, budget), l’honneur est revenu à Dr Thierno Souleymane Diallo, chef du département planification, suivi, évaluation et recherche au niveau du CNLS, de passer à travers la projection, étape par étape, le document du cadre stratégique national. A ce niveau, le Premier ministre Kassory Fofana a émis des observations au niveau de la budgétisation pour la mise en œuvre du(CTN).

« Je pense, qu’il être réaliste, pour ramener à des niveaux soutenables. Ce n’est pas que la volonté politique qui manquerait, et ce n’est pas la disponibilité de nos partenaires qui manquerait. Deuxième observation est liée à la distribution de ces montants, j’observe que le coup de supervision est élevé, 18% des ressources pour le monitoring, c’est élevé. Il ya lieu de regarder dans les détails de ce budget », a-t-il préconisé.

Le reste de la cérémonie a été présidé par le ministre de la Santé, Niankoye Lamah.

Moussa Diabaté pour Actuconakry.com