Pendant qu’une dissension quasi ouverte se glisse entre le Président Alpha Condé et son Ministre des postes et télécommunications, Oyé Guilavogui, dans la méthode de résolution du dossier Sotelgui, un rapport publié par l’Agence nationale de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance intervient comme un cheveu sur la soupe du Ministre, de la société ETI et Cie. Ceux-ci, selon ce rapport, ont été au centre de détournements de fonds, de fraudes, de conflits d’intérêt, excusez du peu !

Selon le rapport daté de juin 2013, certains contrats de prestation dans le domaine de la fibre optique et destinés à la Sotelgui ont été purement et simplement détournés et exécutés par Sodiacom de M. Justin Traoré. Sodiacom est l’entreprise non reconnue par l’ARPT (Autorité de régulation des postes et télécommunications) qui a signé de manière opaque un contrat de travaux sur la fibre optique avec la Sotelgui et ETI, notamment.

Plus de 140 milliards GNF de perte !

Selon l’Agence guinéenne de lutte contre la corruption, les actions d’ETI et de Sodiacom ont causé d’énormes préjudices, voire des pertes financières pré-estimées à 144 milliards de GNF ! Ce n’est pas tout. Parlant de conflit d’intérêt, ‘‘généreusement’’ organisé et entretenu dans l’attribution des contrats entre la Sotelgui et certaines entreprises pour les services non justifiés, parfois non effectués, le rapport accuse les entreprises comme l’Etablissement Tamata, Com Services Africa, Oguifok, Société Amina et Eguitec.

Etablissement Tamata (appartenant à un cadre des Postes et Télécommunication, on parle de l’inspecteur général du Département, Morlaye Youla, NDLR) aurait eu un marché d’implantation de panneaux pour environ 2,8 milliards GNF. Sur le contrat, le nom du signataire de la société manque royalement. Et pour cause…

Communication Services Africa appartenant à un certain Jacques Hurel a bénéficié d’un marché de 4 792 169 euros pour le réseau de télécommunications à Kanfarandé (région de Boké). Le hic est que le contrat n’a pas eu de début d’exécution.

Oguifok qui signifie, selon le rapport, Oyé Guilavogui (le Ministre des Postes et Télécommunication) et Fodé Kaba, aurait un contrat de surveillance et de gardiennage des locaux et biens appartenant à la Sotelgui. Il aurait reçu sans service rendu, plus de 700 millions GNF entre 2011 et 2012. Une autre société, Eguitec (construction de bâtiment), aurait reçu environ 1,5 milliards GNF. Malheureusement, le service se fait toujours attendre !

Last but not least, la Sotelgui aurait un compte offshore de 40 millions USD à la City Bank dont le solde au départ des partenaires malais, le 30 octobre 2009, est de 845 686, 85 USD, reste à ‘‘élucider’’.

Bien que sollicité par notre rédaction, le Ministre des postes et télécoms n’a pas daigné répondre aux accusations portées contre lui. Quant à ETI, elle souhaite finir le ‘‘débat contradictoire’’ avec l’Agence de lutte contre la corruption avant de se prononcer là-dessus.

C’est dire que le rapport de l’Agence nationale de lutte contre la corruption remue la plume dans la plaie de certains haut-perchés de l’administration. Ils doivent répondre des actes posés dans le coulage de la Sotelgui. Mais en Guinée, l’impunité n’est-elle pas la chose la mieux partagée ? Qui vivra verra !

Ibrahima S. Traoré

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