Les businessmen de la présidence à vie poursuivent la série de distribution de billets de banque dans les états-majors des partis politiques et des ONG nationales sans tenir compte du premier revers  semblable à un cuisant échec essuyé par les pontes de la Coalition des partis alliés de la mouvance présidentielle (COPAM) lors de leur premier meeting en faveur d’une réforme constitutionnelle le 14 mars 2019 au palais du peuple à Conakry.

Echec et mat

Leur discours est préparé et tenu par le porte-parole Dr M’Bemba Traoré, président du Parti pour le développement et de l’unité (PDU). Il expose en ses pages la volonté politique des partis membres de la COPAM de convaincre l’opinion publique à lancer illico presto, sans tergiversation aucune, une campagne nationale en vue de pousser le législateur à modifier la Constitution afin de permettre aux tenants du régime Alpha Condé de proclamer la quatrième République.

Sauf qu’au moment où le médecin leader du PDU s’apprêtait à lire l’appel à modifier la Constitution, des cris montent de la foule surchauffée : «Ça ne passera pas!», «On en a marre!» La huée lui marche sur la langue. Les slogans hostiles marqués sur papier blanc lui coupent le discours : «Non à un 3e mandat !», etc.

Ces quelques messages de colère lui volent la vedette. Un trouble d’élocution s’empare du porte-parole de la COPAM. Ses partenaires de leaders politiques alliés sont pris de panique. La salle des congrès du Palais du peuple remplie de fans transportés gracieusement des quartiers pauvres de la banlieue dans le but donner au meeting l’allure d’un vaste mouvement populaire est mise sens dessus dessous.

Ceux qui espéraient en faire leur gagne-pain avant la fin du mandat voient leur affaire prendre une déculottée historique. Les répartiteurs de nouvelles liasses de billets de banque présents au meeting lancent leurs loubards contre la foule de saboteurs. Ça insulte et ça réplique. Les porteurs de slogans anti-3e mandat sont pourchassés de la salle des congrès jusqu’à l’esplanade.

La leçon à tirer de ce moment cuisant d’humiliation est que le populo a désormais compris que son bonheur ne réside plus dans le « ravitaillement des carrés et secteurs » de Conakry en liasses de billets de banque ou sacs de riz (comme si le pays n’a pas rompu avec l’ancien régime socialo-communiste affameur et manipulateur), mais dans la voie qui mène au changement de la manière de gérer les biens communs tel que le prévoit la Constitution ayant permis de chasser les militaires du palais présidentiel Sèkhoutouréya en 2009 et 2010.

Par Gordio Kane avec le Populaire