Combien étaient-ils dans les rues lors des dernières manifestations de l’opposition ? Une marée humaine, une déferlante, une bonne centaine de milliers de manifestants, etc. ; du côté des organisateurs et de leurs partisans, chacun y va de ses estimations et de ses superlatifs.

Mais pour d’autres, ces manifestations ont été un véritable fiasco, lamentables partout ailleurs dans le pays. Ici, juste une dizaine de pauvres hères déambulant comme des âmes en peine, là, une petite centaine d’enragés, enragés beaucoup plus par leur propre échec que par leurs slogans… Il faut dire qu’il n’y a donc pas de quoi pavoiser et que gardant la raison, les stratèges de l’opposition s’évertueront certainement à revoir leur copie et ne se contenteront pas des déclarations d’autosatisfaction de façade.

L’hirondelle incarnée par le langage policé du Chef de file n’a pas apporté le printemps annoncé. Loin s’en faut ! Sa dernière ‘’grosse manifestation’’ nous a fait revenir à l’esprit les errements d’une opposition sans programme, sans orientation, sans réelle volonté de peser sur l’avenir de ce pays,… un véritable panier de crabes dans laquelle les querelles de leadership et de survie ont plus d’importance et de place que l’intérêt commun.

Du déjà vu et entendu avec en prime une fin de manifestation en queue de poisson et les commentaires déjà écrits « tueries, répression féroce des forces de l’ordre sur une marche pourtant pacifique…» Stratégie de «looser» alors que la seule tenue d’un meeting qui garantit la sécurité à ses membres et qui mobilise aurait eu un impact beaucoup plus positif car plus responsable et respectueuse des citoyens. Au lieu de cela «on marche». La stratégie est éculée et ça ne prend plus.

J’avoue que, lorsque des informations faisant état de rencontres entre des proches du Chef de file de l’opposition et certains milieux connus pour leur violence avaient circulé, nous n’y croyions pas sérieusement, convaincus que nous étions que Cellou Dalein Diallo n’allait pas noyer sa quête d’alternance dans des compromissions répréhensibles. C’est vrai que quand l’opposition a accusé le pouvoir de vouloir infiltrer sa marche, on a eu le sentiment du voleur qui crie au voleur, mais nous attendions de voir. Eh bien, en écoutant les uns et les autres et en lisant les comptes rendus des journalistes les plus proches du mouvement, on a la nette impression que personne n’est dupe et que l’accusation n’est pas sérieuse. Tout au plus y accuse-t-on les forces de l’ordre d’avoir mal interprété des mouvements de foule. On peut donc dire que les organisateurs des marches ont eux-mêmes planifié les incidents et donc les violences contre leurs propres militants ! A quel dessein ? En tout cas, la presse proche de l’opposition, qui était par ailleurs au cœur des manifestations, affirme qu’il y a eu de sérieuses défaillances dans les organisations. En refusant de les reconnaître et par conséquent de travailler à faire mieux, M. Cellou Dalein Diallo prépare d’autres incidents du genre contre ses propres militants.

Toutes ces femmes qui se sont déplacées, convaincues qu’il avait civilisé l’opposition, en auront eu pour leurs frais. Pour les y rependre, il faudra certainement se lever de bonne heure.

La messe est donc définitivement dite sur le sujet. Et il faut dès lors savoir que notre opposition est ce qu’elle est : une opposition immature à laquelle notre peuple n’accorde aucun crédit. Un constat certes amer mais qui traduit la réalité d’hommes et de femmes qui ne croient en rien et dont l’injure et l’anathème sont les seuls «projets» communs.

Ahmed Camara / Berlin