Conakry, 01 décembre 2018, comme à l’instar d’autres pays, la Guinée, à travers le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLCS), a célébré à Conakry la journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA dans l’enceinte de l’hôpital national Ignace Deen, et en même temps, procédé à l’inauguration d’un centre du traitement ambulatoire aux personnes malades du VIH/SIDA, deuxième du genre, après celui de l’hôpital national Donka. Le ministre d’Etat à la Santé, Niankoye Lamah, a présidé à la célébration de cette journée, en l’absence notamment du Premier ministre Kassory Fofana. (Reportage)

Devant un parterre des agents de santé venus en la circonstance, du coordinateur résidant par intérim des Nations unies pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), du représentant du Plan International en Guinée, le représentant de la Première Dame de la République de Guinée, des acteurs de la société civile en lien également avec le secrétariat exécutif du comité national de lutte contre le Sida, ont célébré ce samedi la journée mondiale de lutte contre le SIDA sous le thème « connaître son statut », un événement célébré par le comité national de lutte contre le Sida.

Pour la circonstance, l’honneur est revenu au directeur national de l’hôpital IgnaceDeen, Dr Awada, d’ouvrir la présente cérémonie.

Après avoir adressé la chaleureuse Bienvenue aux invités, a fait un bref historique sur l’hôpital national Ignace Deen, « L’hôpital qui vous reçoit ce matin date de l’époque coloniale. Il a plus de cent dix-sept ans d’existence et de porter le nom du Dr Eugène Noel Baley, deuxième gouverneur de la Guinée française. Il sera plus tard baptisé l’hôpital national Ignace Deen le 2 Avril 1968, lors de la conférence nationale du PDG à Kankan pendant la révolution culturelle socialiste. Dr Ignace Deen était un médecin béninois, qui s’est beaucoup investi pour les populations guinéennes.  L’hôpital national de Ignace Deen a aujourd’hui une capacité de 500 lits, 23 services médicotechniques et un effectif de 400 travailleurs… »

« Beaucoup d’actes médicaux ont été gratuits.Parmi lesquels on peut citer les césariens, les accouchements, les consultations prénatales… il faut aussi noter que l’apparition du VIH/SIDA en Guinée, le gouvernement guinéen a déployé d’immense efforts pour la prise en charge médicale, pharmaceutique, biologique, nutritionnelle et psychosociale des patients atteints de cette maladie », a-t-il rappelé.

« Le président Alpha Condé s’est fortement impliqué dans la construction et équipements des hôpitaux et centres de santé améliorée.C’est ce qui renforce à plus d’un titre le système de santé dans notre pays. C’est dans ce cadre pour lutter contre le VIH/SIDA, de nombreuses mesures ont été entreprises par le CNLCS et le programme national des prises en charges sanitaires et la prévention des UST/VIH/SIDA… »-a-t-il ajouté.

Pour le Secrétaire exécutif du comité national de lutte contre le Sida, maître de la présente cérémonie, Dr Abbas Diakité, a tout d’abord souhaité la Bienvenue à l’ensemble des invités présents à cette journée de lutte contre le Sida.

« Votre présence en grand nombre ainsi que la qualité de votre représentation est une preuve de votre intérêt manifeste pour le combat que nous menons contre le Sida », lance Dr Abbas Diakité à l’endroit des invités, qui se sont mobilisés pour répondre à cette cérémonie.

« La Guinée à l’instar des autres pays du monde, célèbre aujourd’hui 1er décembre, la journée mondiale de lutte contre le Sida, placée sous le thème, « connaître son statut », défini par Onusida ».

« Cette année, la célébration coïncide avec l’inauguration du centre de traitement ambulatoire des malades du Sida de l’hôpital Ignace Deen qui nous accueille. L’épidémie du VIH/Sida en dépit des résultats enregistrés constitue toujours un problème grave de santé publique en Guinée et même dans le monde.  Avec une prévalence de 1,7% pour la population générale ; les femmes restent plus touchées avec 2, 1% contre 1,2% chez les hommes ».

« Selon l’Onusida, elle estime aujourd’hui à plus de 126 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH/SIDA sur le sol guinéen. Comme vous le savez, la célébration de la journée mondiale de lutte contre le Sida nous donne l’opportunité de dresser le bilan des actions menées, qui ont permis d’enregistrer des résultats notables ».

« En termes d’infrastructures, en offrant à des services VIH, en donnant 149 sites de conseils du dépistage volontaire du VIH/SIDA et de façon anonyme, 439 sites de prévention de la transmission (mère-enfant) Sida, 142 de prises en charge en médicament-antirétroviral et deux (2) centres ambulatoires modernes qu’on appelle communément hôpital du jour, logés respectivement à l’hôpital national Donka et le second que nous allons inaugurer tout à l’heure, à l’hôpital national Ignace Deen ».

« Concernant la prise en charge des personnes vivant au VIH, à date environ 47 000 personnes sont sous traitement antirétroviral et de façon gratuite. Pour le suivi biologique des malades sous traitement, le pays compte aujourd’hui mille (1000) appareils compteurs CD4 et (6) appareils à charge virale et quelques appareils qui sont capables, non seulement de diagnostiquer le VIH, Ebola et même la tuberculose ».

« Ces acquis forts encourageant, ne doivent pas occulter l’obstacle majeur, qui reste la mobilisation des ressources qui se raréfienténormément, tant sur le plan international que sur le plan national. Point besoin de rappeler que sans les ressources rien ne pourrait réussir ».

« En 2015, le monde entier a décidé d’accélérer la riposte à l’épidémie du Sida d’ici 2020. En se fixant trois objectifs majeurs qu’on appelle objectifs 90. Le premier 90, veut dire que 90% des personnes qui vivent avec le VIH/SIDA, connaissent effectivement leur statut sérologique. Le deuxième 90, dise que 90% des personnes vivant du VIH/SIDA et qui connaissent leur statut sérologique reçoivent un traitement antirétroviral. Et le troisième 90, est que 90% des personnes vivant du VIH/SIDA sous traitementantirétroviral ont une histoire virale durable indétectable ».

« La construction de ce centre ne serait possible sans l’engagement affiché de l’Etat guinéen.Je profite de cette cérémonie pour exprimer ma profonde gratitude à son excellence Monsieur le président de la République, pour tous les moyens mis à la disposition du comité national de la lutte contre le sida et son secrétariat exécutif, en vue de l’amélioration des performances de la riposte », a-t-il dit en substance.

Pour le Représentant du Plan International en Guinée, M. Johnson Bienaimé, pour sa part, a tout d’abord rappelé l’importance des efforts du plan international et ceux d’autres partenaires auprès du gouvernement guinéen dans la lutte contre le Sida.

« En effet, la célébration de cette journée du 1er décembre 2018, qui marque la trentièmeédition de la journée mondiale de lutte contre le Sida, est une occasion pour le plan international en Guinée, en qualité durécipiendaire du fonds mondial, de renouveler notre ferme volonté d’accompagner le gouvernement dans la lutte contre le VIH/SIDA en République de Guinée. Notre objectif commun est de freiner la progression de la maladie, à la fois reculer. Pour y arriver, il est fondamental d’assurer une couverture totale des cas d’infection et de garantir un traitement aux personnes infestées, afin que ces dernières puissent mener une vie productive avec une meilleure santé…é », a-t-il martelé.

Pour le Coordinateur résidant par intérim des systèmes des Nations en Guinée, M. Kizebo, a eu l’insigne honneurde prendre la parole au nom des partenaires à l’occasion de cette journée mondiale de lutte contre le Sida, pour renforcer le plaidoyer, mais aussi mobiliser tous les acteurs, des parties prenantes contre la pandémie du VIH/SIDA.

« En effet, au cours de ces trente (30)dernières années, de nombreux progrès ont été réalisés. Il reste cependant que la pandémie du Sida constitue encore un des plus grands défis de santé publique et du développement au niveau mondial.  Depuis le début de l’épidémie, plus de 70 millions de personnes ont contracté le VIH et 35 millions de personnes en sont mortes, en particulier du fait des infections et affection opportuniste liées au VIH/SIDA », a-t-il dit en exergue de son discours.

« Les nouvelles infestions ont diminué depuis 1996. Et l’instauration destrithérapiesantirétroviral. En outre, plus de 3 personnes sur 5 au niveau global ont accès au traitement antirétroviral qui leur sauve la vie. Le nombre du décès lié au Sida depuis 2010 a diminué de plus de 30% et les personnes vivant avec le VIH/SIDA mènent une vie plus longue et plus saine, parfois pratiquement normal, grâceà l’accès soutenu au traitement antirétroviral. Ceci est une révolution. Cependant, le combat contre le VIH/SIDA n’est pas terminé. C’est pourquoi dans le cadre des objectifs du développement durable, la communauté internationale s’est engagée à mettre fin à cette pandémie d’ici 2030… » ajoute-t-il.

Pour le ministre d’Etat à la santé, NiankoyeLamah, premier vice-président du comité national de lutte contre le Sida, a salué la forte mobilisation des personnes à cette journée et a également salué les efforts des autorités guinéennes dans la lutte contre le Sida.

« Un tel événement est à saluer, yégard le problème auquel nous sommes confrontés. Nous savons tous que l’infection à VIH/SIDA est une question de santé publique, une question nationale qui préoccupe chacun de nous. Je salue également votre forte mobilisation. Qui prouve que tout le monde mesure la gravité de la maladie. Et que chacun doit s’engager encore plus pour lutter l’infection à VIH/SIDA.

Pour ma part, notre pays a accompli des progrèsconsidérables dans l’atteinte des objectifs du plan national et international dans la lutte contre l’infection à VIH/SIDA. En dépit de cela, de nombreux obstacles persistent, notamment dans la préventionet surtout dans le dépistage… »

Par ailleurs, cette journée a connu l’inauguration d’un centre du traitement ambulatoire des malades du VIH/SIDA à l’hôpital national Ignace Deen.

Moussa Diabaté pour actuconakry.com