Il a choisi de lutter contre la mort en donnant la mort et s’attend à voir le crime disparaître en même temps que le criminel. Il nous suggère de rester moyenâgeux dans un monde où la raison est loi et espère nous voir vivre de lois qui ne nous ressemblent point, ou pire, qui font de nous des êtres dont l’esprit est à la démission. Cette logique du coup par coup est celle de l’animal qui annule la seconde chance et occulte les perspectives. Cette obstination est aussi celle de l’homme arrogant qui accuse un Dieu beaucoup trop silencieux. Dans l’affaire du 19 juillet, le procureur décide de vie ou de mort.

Certes, la peine de mort sonne comme un glas sur la conscience collective. Certes, la peine de mort est d’une telle violence qu’elle est sensée faire frémir tout criminel porté vers son crime. Mais il est judicieux de s’interroger sur la valeur dissuasive de cette peine prévue au code pénal guinéen.

Sans nous préoccuper des nombreux pays où la peine capitale reste un lointain affreux souvenir, on peut opposer à la plus froide des sanctions froides le fait que la justice humaine reste humaine, donc faillible ! On relève dans l’histoire des cours de justice de nombreux cas où l’on s’est trompé sans possibilité de réparation. Ce procès à l’argumentaire qui se monte, se démonte et se remonte n’échappe pas à cette règle naturelle. Monsieur « le Président de la cour » devra donc prendre garde à se laisser attendrir par les juteuses présomptions qui s’entrechoquent dès qu’il s’agit de l’autre « Président ».

On croit décourager ceux qui sont portés à tuer en tuant, ils savent qu’il n’en est rien. D’étonnantes statistiques comparant le meurtre canadien à celui américain révélaient précédemment qu’il y avait plus de crimes aux Etats-Unis dans les pays où subsiste la peine capitale, qu’au Canada où la peine de mort avait été abolie. On ajoute d’ailleurs à cela l’effet de rebondissement qui entoure les jours où la peine va être mise à exécution. C’est avec préoccupation que j’en appelle aux institutions de défense des droits de l’homme…

Chemin faisant, on rappelle à la société, à l’Etat, à tous la vocation éducatrice qui est la nôtre. L’individu s’introduit dans la vie tel « un livre » dans les pages duquel il est donné à la « société d’écrire ». Quelle lâcheté ! Nous produisons des monstres qu’ensuite nous liquidons pour avoir échoué dans notre rôle de faire d’eux des agneaux. C’est une démission que ma plume ne peut tolérer. La peine de mort n’est ni corrective, ni dissuasive, vous savez à présent pourquoi. D’autres peines prévues par nos dispositions pénales remplaceraient plus utilement cette option qui trahit notre barbarie.

A la fin pour ceux qui croient à un Dieu, convenons que personne n’a le droit de reprendre à l’autre la vie qu’il n’a pas mise en lui, surtout qu’il s’agit de ces complots guinéens qui ne sont naturellement qu’à leurs débuts, ça fait rire.

Faites les vivre à vie en prison, travailler pour la cause publique ou vous lécher les bottes s’il le faut, mais de grâce ! Sortons de cette logique qui rappelle les monarchies du monde passé.

En clair, rappelons-nous que les lois sont le reflet fidèle des caractères humains, évitions d’être jugés à la lumière de cette disposition instinctive…

zachariemills@gmail.com

Guinee7/ Partenaire

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