Le Sénégal a décidé de rouvrir ses frontières avec la Guinée après les avoir fermées durant cinq mois dans le cadre de la lutte contre le virus Ebola.

Le Sénégal et la Guinée renouent de nouveau. Le pays de la Téranga a décidé de rouvrir ses frontières avec son voisin, ce lundi, après les avoir fermées durant cinq mois, dans le cadre de la lutte contre le virus Ebola. Dakar estime en effet que la Guinée a effectué beaucoup d’efforts pour combattre l’épidémie qui continue de faire des ravages en Afrique de l’Ouest, notamment en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. « Les personnes et les biens peuvent librement circuler par voie terrestre entre les deux pays », indique, dans un communiqué, le ministère sénégalais de l’Intérieur, rapporte l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Le Sénégal avait été d’autant plus strict sur le plan sécuritaire avec son voisin après qu’un étudiant guinéen ait regagné le territoire sénégalais alors qu’il avait contracté le virus. Heureusement, le jeune homme, après avoir été hospitalisé dans un hôpital de Dakar où on lui a prodigué des soins intensifs, a finalement réussi à vaincre la maladie. Il a pu regagner à nouveau son pays d’origine.

Quand la ministre de la Santé explique à AFRIK pourquoi le Sénégal a fermé ses frontière avec la Guinée

De son côté, la Guinée a, elle, mal vécu la fermeture des frontières avec son voisin. Une mesure qui a provoqué une brouille diplomatique entre les deux pays. Dans une interview accordée à Afrik.com, mi-cotobre 2014, la ministre de la Santé, Eva Marie Coll Seck, explique pourquoi le Sénégal a décidé de fermer ses frontières avec la Guinée : « La première fois qu’on a fermé les frontières, il fallait le comprendre. Ce n’était pas contre la Guinée, ou un autre pays. Il ne fallait pas percevoir les choses ainsi », selon la ministre, qui estime que « quand on ferme une frontière, ce n’est pas forcément contre le pays. Lorsqu’on a fermé les frontières la première fois, en mars, on s’est rendu compte qu’on n’était pas prêt pour la maladie. Une maladie censée concerner la forêt est arrivée jusqu’à la capitale. On s’est dit avec le trafic et les échanges, notamment les marchés de Diaobé, le pèlerinage de Médina Gounass, on ne pourra jamais contrôler la maladie ».

Seulement la Guinée ne l’a pas entendu de cette oreille, a déploré la ministre : « Le ministre des Affaires étrangères a appelé son homologue en Guinée pour lui expliquer la gravité de la situation. J’en ai fait autant avec le ministre guinéen de la Santé. C’était pour leur expliquer les raisons de ce que nous allions décider de faire. Cela n’a pas été bien pris. On leur a dit que la maladie prend de nouvelles dimensions, et nous n’avions pas la capacité de la gérer. C’est par la suite, quand on a formé le personnel qu’on a doté d’équipements, on a rouvert les frontières ».

En novembre 2014, le Sénégal avait déjà partiellement rouvert ses frontières, notamment ses espaces aérien et maritime aux avions et bateaux en provenance de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone. La réouverture cette fois-ci totale des frontières devrait aussi arranger les affaires de nombre de commerçants qui transitent par le Sénégal pour se rendre à Dubaï ou encore en Inde pour acheter leurs marchandises.