Nous avons indiqué qu’il était temps que le FPI redevienne parti politique dans l’échiquier politique de la Côte d’ivoire, en terme de vision et d’objectif cela doit s’étayer en priorité et en stratégie.

Tout d’abord il faut saluer le geste du gouvernement ivoirien qui pour repositionner le curseur politique du côté de l’opposition et envoyer un message fort aux ivoiriens et à la communauté internationale, a décidé de libérer 14 personnalités politiques pro Gbagbo de premier plan.

Cette décision a été saluée par l’ensemble de classe politique ivoirienne. Ce dénouement est aussi en grande partie le fruit du travail des responsables du Fpi qui n’ont œuvré pour que leurs Camarades reviennent en avalant la couleuvre d’une médiation avec les autorités. Passée l’émotion il faut très vite revenir à la réalité politique ivoirienne, et surtout poser un diagnostic réaliste de ce qu’est à ce jour l’état des lieux de l’ex majorité présidentielle.

Quelle que soit l’appréciation que l’on peut avoir du résultat de l’élection présidentielle du 28 novembre, le Fpi est désormais entré dans l’opposition politique, et c’est au Fpi de choisir la forme adéquate d’opposition qui convient au contexte politique ivoirien, la plus apaisée possible et la plus rassembleuse. Car les ivoiriens ont besoin d’être apaisés et réconciliés. Mais avant cela il est on ne plus important que le Fpi se livre à une séance d’autocritique interne à 360 degrés, un bilan de ses 10 dernières années de crise, de gouvernance et de ses choix politiques.

Il faut analyser lucidement le dénouement de son action politique par les résultats obtenus, même s’ils sont également partagés par l’ensemble de la classe politique, le Fpi étant le premier parti de par son poids politique, doit prendre les devants. Il lui faut regarder la situation de la Côte d’ivoire à travers les yeux des Ivoiriens et accepter sa part de responsabilité dans l’échec des dix dernières années et des maux dont souffrent les Ivoiriens.

Ceux qui ont perdu des êtres chers dans le soutien sans faille au Fpi, ceux qui ont perdu biens et autres, et ceux qui sont privés de liberté, doivent être apaisés et c’est au Fpi de trouver les mots pour cela. Le Fpi ne doit pas s’amnistier des conséquences de ses erreurs et tourner la page.

Avant de parler de réconciliation, il faut parler de réparation, il faut tirer des leçons et hisser des symboles afin que l’histoire retienne que des hommes et des femmes sont tombés sur le champ politique ivoiriens, qu’une nation toute entière a failli s’éteindre sous le signe de la division. De manière très simple si l’on peut énumérer les chantiers qui attendent le Fpi :

1-La refonte politique et l’autocritique interne du parti, une sorte de bilan des 10 années et d’introspection pour panser les plaies des différentes crises. Cet exercice a été pratiqué au Japon après la défaite et capitulation de l’empire. Les penseurs ont décidé de donner une nouvelle orientation au Japon et de l’inscrire en tant que vision, avec la prise en compte de la situation et des conséquences de la guerre, de la politique coloniale du Japon sur les pays voisin. La situation est assez similaire car le Fpi a perdu la guerre, et doit se repositionner dans l’échiquier politique.

2-Remobiliser les ivoiriens en parcourant la Côte d’ivoire pour aller rencontrer les ivoiriens de tous bords et panser leur plaies.

3-Apporter sa vision et sa contribution pour la réconciliation sincère en franche des Ivoiriens, avec un esprit d’apaisement et une dynamique constructive.

4-Se repositionner en tant que leader de l’opposition en cherchant le consensus et le rassemblement si possible de toutes les composantes de l’opposition.

5-Reconquérir le pouvoir en 2015 et obtenir la libération de tous les camarades et acteurs politiques ainsi que celle de Laurent Gbagbo.

Le Fpi peut contribuer introduire un climat apaisé dans la politique en Côte d’ivoire et cela doit se faire. Pour cela il doit cesser de se victimiser et laisser parler les victimes. Le peuple ivoirien entier a besoin d’être libéré de la pauvreté de la misère, la cohésion doit revenir en Côte d’ivoire, la liberté doit être cimentée dans l’esprit de la patrie.

Toute rechute dans l’esprit belliqueux et revanchard risquerait de détruire à jamais la Côte d’ivoire. La crise ivoirienne a divisée bien plus loin qu’en Côte d’ivoire, elle a divisée une grande partie de l’Afrique, certains l’ont vécu jusqu’aux portes de leurs pays, impuissants et révoltés. L’Afrique est remplie de Pro Gbagbo et de pro Ouattara, le panafricanisme s’est mis en veille pour que ces composantes de réconcilient.

L’Afrique du Sud, L’Angola, le Cameroun, le Burkina Faso, le Sénégal, sans compter la déchirure entre la Cedeao et l’Union africaine – encore aggravée par la crise malienne ; tous attendent une réconciliation sincère et Franche en Côte d’ivoire. Le FPI n’est pas seul à pouvoir tout faire mais il peut faire au moins 38% de la tâche et laissera également aux autres composantes politiques le soin d’en faire autant que leur poids politique le leur permettra

L’autre afrik

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here